Lors du match d’ouverture de la Coupe du monde, Mexique–Afrique du Sud le choc a dépassé le terrain de football. Dans les gradins comme sur les réseaux sociaux, de nombreux Africains ont soutenu le Mexique. Certains l’ont fait en riant, d’autres avec colère. Mais derrière ce geste se cache une mémoire douloureuse : celle des violences xénophobes qui ont marqué l’Afrique du Sud ces dernières années.
Quand des Africains ont été attaqués, chassés ou humiliés en Afrique du Sud, beaucoup ont ressenti une trahison entre frères. Ces blessures ne disparaissent pas en 90 minutes de jeu. Elles nourrissent une frustration que certains expriment aujourd’hui à travers le football, symbole de revanche ou de protestation.
Ce soutien au Mexique n’est pas nécessairement dirigé contre les Sud‑Africains eux‑mêmes, mais contre une réalité qui a laissé des cicatrices profondes. Le ballon rond devient alors un exutoire, un langage pour dire : « Nous n’avons pas oublié. »

La réponse ne peut pas être la haine en retour. L’unité africaine est la seule victoire durable. Cela passe par :
- Éducation citoyenne : sensibiliser dès le plus jeune âge à la valeur de la diversité et de la solidarité.
- Justice équitable : sanctionner les violences xénophobes pour restaurer la confiance.
- Dialogue interculturel : multiplier les espaces de rencontre entre communautés africaines.
- Leadership politique responsable : des dirigeants qui condamnent fermement la xénophobie et promeuvent la fraternité.
Un match dure 90 minutes, mais la fraternité africaine doit durer toute une vie. L’Afrique ne gagne pas quand elle se divise, mais quand elle transforme ses blessures en force collective.
Jimmy MUKENDI T.







