La Conférence Épiscopale Nationale du Congo sort du silence. Face à l’Union Sacrée, Mgr Donatien Nshole, Secrétaire Général de la CENCO, dresse un constat sévère sur la situation du pays.
« Le pays va très mal. Le pays est en danger ». D’entrée, Mgr Nshole ne mâche pas ses mots. Il accuse les autorités de « malhonnêteté intellectuelle » pour détourner le débat des vraies urgences. La position, dit-il, a été adoptée « à l’unanimité » par les évêques pour éviter tout soupçon de division interne.
Trois risques sont pointés :
Santé : Ebola reste une menace récurrente. Focaliser le débat ailleurs, c’est ignorer une priorité vitale.
Sécurité : Les violences dans l’Est, les groupes armés et les millions de déplacés doivent être au centre de l’action du pouvoir.
Unité nationale : L’Église s’inquiète d’un possible « deal entre Kinshasa et Kigali » et d’un « référendum dans le contexte actuel » qui pourrait « favoriser la balkanisation de la RDC ».
La CENCO joue son rôle de contre-pouvoir moral, comme sous Mobutu, Kabila et Tshisekedi. Elle se pose en gardienne de l’intérêt général. Le terme « malhonnêteté intellectuelle » vise à dénoncer une stratégie de diversion. De son côté, l’Union Sacrée défend les réformes institutionnelles et la diplomatie régionale, y compris avec le Rwanda, présentées comme outils de paix.
Le débat n’est pas sur les problèmes, mais sur l’ordre des priorités.
CENCO : « D’abord sécuriser, soigner, unir. Ensuite réformer ».
Union Sacrée : « Les réformes sont l’outil pour sécuriser et unir durablement ».
En évoquant la « balkanisation », Mgr Nshole touche une corde sensible de l’opinion congolaise.
Avec cette sortie, la CENCO remet les questions sociales et sécuritaires au centre du débat national. Elle met en garde contre toute précipitation constitutionnelle et appelle Kinshasa à plus de transparence sur les négociations régionales. Le bras de fer verbal entre l’Église et le pouvoir se poursuit, sur fond de crise persistante à l’Est.
Samuel Dzama







