Ce matin, l’administration des Affaires Coutumières a rompu le silence.
Cadres et agents sont sortis manifester. Sit-in devant le Ministère du Budget et devant la Primature. Pancartes en main, voix fatiguées mais déterminées. Le message est simple et brutal : Y’en a marre.
Depuis longtemps, le personnel des Affaires Coutumières crie dans le vide.
Ils se considèrent comme le parent pauvre de toutes les administrations publiques. Et au sein même du méga-ministère de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières, ils sont traités comme le cadet des sous-secteurs.
Résultat concret :
- Salaires misérables et en retard
- Aucun avantage comparé aux autres services
- Conditions de travail indignes
- Zéro considération dans les décisions budgétaires
Pourtant leur travail touche directement les chefferies, les groupements, les conflits coutumiers, la paix sociale à la base. Sans eux, l’État n’existe pas dans 80% du territoire.
Selon les manifestants, ce sit-in n’est pas un coup de colère. C’est le dernier recours.
Ils disent avoir épuisé toutes les voies de recours régulières et classiques : lettres, mémorandums, audiences, promesses. Rien.
Face au silence, il ne restait que la rue. D’où cette mobilisation spontanée ce matin.
« Trop, c’est trop » revient comme un refrain.
Le personnel ne demande pas la charité. Il exige l’équité et l’application des textes.
Ils réclament notamment :
- Le paiement immédiat de la grille barémique de la Fonction Publique du 3ème trimestre
- Le paiement de la prime spécifique due aux agents et cadres des Affaires Coutumières
- La régularisation des arriérés et le paiement régulier des primes et frais de fonctionnement
- La revalorisation du sous-secteur Affaires Coutumières dans le budget de l’État
- La reconnaissance officielle du rôle stratégique des Affaires Coutumières dans la décentralisation
Comment parler de décentralisation, d’autorité coutumière et de cohésion nationale si ceux qui administrent la chefferie au quotidien sont abandonnés ?
Comment exiger des chefs coutumiers qu’ils jouent leur rôle de stabilisateurs si l’administration qui les encadre est elle-même en détresse ?
Le personnel prévient : tant qu’il n’y aura pas de réponse concrète du Ministère du Budget et de la Primature, la mobilisation va continuer.
Samuel Dzama







