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Riposte en danger : Grève menacée et épidémie sous-estimée

Ituri, Nord-Kivu – Alerte sur deux fronts : sanitaire et social.

Les professionnels de santé qui luttent contre Ebola en RDC menacent de faire grève à cause de salaires impayés depuis le 15 mai.

En même temps, l’OMS a averti mardi que l’ampleur réelle de l’épidémie pourrait être 2 à 4 fois supérieure aux chiffres officiels.

Selon le dernier bilan officiel :

  • Plus de 700 morts sur *environ 2 000 cas confirmés depuis la déclaration de l’épidémie.
  • 112 professionnels de santé infectés, dont 35 décédés.

Mais pour l’OMS, dirigée par Chikwe Ihekweazu, les modélisations montrent que le nombre de cas pourrait être beaucoup plus élevé. L’épidémie aurait même débuté plusieurs mois avant d’être détectée.

La souche en cause : « Bundibugyo ». Il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique pour le moment. Un essai clinique sur 2 traitements est en cours.

L’épidémie s’est propagée dans 5 provinces de l’est : Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Tshopo et Haut-Uele. L’Ituri est frontalière du Soudan du Sud et de l’Ouganda où 20 cas et 2 décès ont été signalés.

Au 12 juillet, 727 patients étaient pris en charge dans les centres de traitement.

Au centre de traitement de Rwampara en Ituri, zone la plus touchée, les agents ont brûlé des pneus et bloqué l’accès lundi.

« Nous soignons des patients atteints d’Ebola sans être payés depuis le 15 mai. Nous continuons parce que c’est notre serment, mais nous travaillons dans des conditions très difficiles », a déclaré le Dr Pascal Bahoya à l’AFP.

Ultimatum lancé : 48h pour payer salaires et primes, sinon grève générale sans service minimum.

Le ministre de la Santé Samuel Roger Kamba, en visite jeudi en Ituri, a reconnu des « retards de paiement » et promis de régler le « problème d’organisation ».

L’est de la RDC est en conflit depuis 30 ans. Des déplacés vivent dans des camps sans eau potable ni installations sanitaires. Terrain idéal pour la propagation d’Ebola.

La communauté internationale a débloqué 1,5 milliard de dollars pour la riposte, mais le système de santé congolais souffre d’un sous-financement chronique.

Des soignants impayés prêts à arrêter.
Une épidémie probablement 4 fois plus grande que les chiffres.
Un virus sans vaccin qui se propage dans une zone en guerre.

Si la grève part, la riposte risque de s’effondrer.

Samuel Dzama

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