L’Inspection générale des finances (IGF) a annoncé une transformation profonde de ses méthodes de contrôle, fondée sur la digitalisation, l’analyse des données et l’intelligence artificielle. Cette réforme s’inscrit dans le plan stratégique triennal 2026‑2028, présenté par l’Inspecteur général des finances‑chef de service, Christophe Bitasimwa Bahii, lors d’un briefing co‑animé avec le Ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.

Objectif affiché : passer du contrôle ponctuel au contrôle permanent des finances publiques.
■ Un diagnostic pour moderniser les pratiques.
Dès son entrée en fonction, la nouvelle équipe dirigeante de l’IGF a mené un diagnostic interne afin d’identifier les forces et faiblesses de l’institution. Le constat est clair : les contrôles manuels ne couvrent pas l’ensemble des opérations financières de l’État.
La digitalisation doit permettre aux inspecteurs d’accéder directement aux données financières, d’analyser les flux à distance et de cibler les opérations à risque avant les missions sur le terrain.

« Nous voulons passer du contrôle ponctuel au contrôle permanent », a déclaré Christophe Bitasimwa Bahii.
■ Contrôler les flux financiers en temps réel.
La réforme prévoit l’interconnexion de l’IGF avec les systèmes numériques des administrations, régies financières et entreprises publiques. L’ambition est de suivre les flux financiers en temps réel dans des secteurs clés tels que l’économie, les finances, l’agriculture, la défense, le social et l’environnement.
Grâce à l’intelligence artificielle, l’IGF entend développer une capacité de détection précoce des irrégularités, repérer les opérations inhabituelles et orienter ses inspecteurs vers les dossiers sensibles.

■ Une stratégie triennale jusqu’en 2028.
Le plan 2026‑2028 prévoit :
- Développement des outils numériques pour renforcer la collecte et l’analyse des données.
- Formation des agents afin d’adapter leurs compétences aux nouvelles technologies.
- Connexion aux circuits financiers pour assurer un suivi continu et ciblé des ressources publiques.

Créée en 1968 et rattachée aujourd’hui à la Présidence de la République, l’IGF cherche ainsi à compléter ses contrôles a posteriori par un dispositif capable d’anticiper les risques et de sécuriser les finances publiques avant qu’elles ne soient détournées ou mal utilisées.
Jimmy MUKENDI T.







