Au tribunal militaire de garnison de Kinshasa‑Ngaliema, l’avocat de la partie civile, Maître Herman Meya, a conclu sa plaidoirie dans le procès de la chanteuse Rebo Tchulo par une intervention marquée d’exemples historiques et de références à la jurisprudence congolaise.
■ Les artistes et la justice.
Dans son argumentaire, l’avocat a rappelé que des figures emblématiques de la musique congolaise telles que Luambo Makiadi, Nyokalongo, Koffi Olomide ou encore Evoloko avaient connu la prison, soulignant que même Héritier Watanabe avait frôlé l’incarcération avant d’être « sauvé par des interventions qui tuent la justice ».
« Lorsque l’infraction est commise par quiconque, les lois de notre pays ne sont pas en dessous des personnes physiques », a‑t‑il martelé.
■ Appel au président du tribunal.
S’adressant directement au président de la composition, Maître Meya a insisté sur la nécessité de juger en toute indépendance :
« Monsieur le président, vous n’avez que votre intime conviction et la loi. Les interférences viendront, nous le savons… Fermez les yeux, dites le Droit. »
Il a ajouté que « la loi n’a pas d’âme », invitant la juridiction à se prononcer en conscience, tout en rappelant que des éléments vidéo versés au dossier « révèlent tout ».
■ Une affaire emblématique.
Cette plaidoirie illustre les tensions récurrentes entre justice, célébrité et interférences politiques ou sociales dans les procès médiatisés en RDC. Le verdict attendu sera scruté de près, tant par les observateurs judiciaires que par l’opinion publique.