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29 ans déjà : Mobutu Sese Seko, entre nostalgie, blessures ouvertes et héritage colossal

Le 7 septembre 1997 – 7 septembre 2026. Il y a 29 ans jour pour jour disparaissait à Rabat, au Maroc, le maréchal Mobutu Sese Seko, après 32 ans de règne sans partage sur le Zaïre (1965-1997).

Mort en exil des suites d’un cancer, loin de son pays, sa dépouille repose toujours au cimetière chrétien de Rabat. Et 29 ans après, le débat reste entier en RDC.

Pour les uns, c’est la nostalgie du Zaïre : l’unité nationale préservée, la fierté de l’authenticité, un pays respecté et craint en Afrique. Pour les autres, le souvenir d’une dictature à parti unique, de la répression, du culte de la personnalité et d’une corruption qui a ruiné l’économie nationale.

Aucune statue officielle à Kinshasa, aucun jour férié. Seuls quelques symboles à Gbadolite rappellent le « Roi Léopard ». La promesse du rapatriement de son corps, faite par Joseph Kabila puis par Félix Tshisekedi, reste lettre morte.

Car au-delà du politique, Mobutu fut un bâtisseur. Ses réalisations restent visibles en 2026 :

Politique et identité : coup d’État du 24 novembre 1965, création du MPR en 1967, le pays devient Zaïre en 1971, africanisation des noms et des villes (Kinshasa, Kisangani, Lubumbashi).

Grandes infrastructures : Stade des Martyrs, Pont Maréchal à Matadi, Échangeur de Limete, Palais du Peuple, Tour de la RTNC, barrages d’Inga I et II, aéroport de N’djili modernisé, et la fabuleuse cité de Gbadolite, le « Versailles de la jungle ».

Rayonnement : zaïrianisation de l’économie en 1973, essor des universités, diplomatie panafricaine active, et l’organisation en 1974 du légendaire combat Ali vs Foreman, le « Rumble in the Jungle » à Kinshasa.

29 ans après sa mort, Mobutu laisse donc un héritage contrasté : celui d’un bâtisseur qui a doté le Congo d’infrastructures majeures encore utilisées aujourd’hui, mais aussi celui d’un autocrate dont la gestion a plongé le pays dans une crise profonde dont il peine encore à sortir.

Samuel Dzama

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