En marge de l’Assemblée générale de l’ONU, le président burundais Évariste Ndayishimiye, également président en exercice de l’Union africaine, a accordé un entretien à France 24 ce mercredi. Il y a lancé un appel direct au Rwanda, exhortant Kigali à « se montrer positif » et à concrétiser ses engagements de désengagement militaire dans l’est de la République démocratique du Congo.
■ Une mise en œuvre préoccupante des accords.
Selon Ndayishimiye, la séparation des forces constitue un préalable incontournable à un cessez‑le‑feu durable. Il s’est interrogé :
« Quand il y a un accord de cessez‑le‑feu, d’abord, il doit y avoir désengagement des forces. Sinon, si les forces ne sont pas séparées, ne sont pas désengagées, comment parler de cessez‑le‑feu ? »
Cette déclaration traduit une inquiétude croissante face à l’absence de désengagement effectif sur le terrain, malgré les accords conclus.
■ Des mots durs envers Paul Kagame.
Le président burundais n’a pas hésité à qualifier son homologue rwandais Paul Kagame de « malhonnête », tout en reconnaissant son « esprit hostile » dans la région.
Ndayishimiye a toutefois exprimé l’espoir que le dirigeant rwandais « se ressaisisse », estimant qu’« aujourd’hui, il n’y a pas de raison de continuer dans cette voie d’hostilité ».
■ Un message à la communauté internationale.
Ce discours s’inscrit dans une dynamique régionale tendue, où la crise de l’Est congolais reste au cœur des préoccupations diplomatiques. En mettant en cause directement Kigali, Ndayishimiye cherche à mobiliser la communauté internationale autour de l’exigence de désengagement, condition sine qua non pour espérer une paix durable dans les Grands Lacs.
Jimmy MUKENDI T.







