Dans le débat public congolais, la Société Nationale d’Électricité (SNEL) est souvent jugée à travers le prisme des délestages, des coupures de courant ou encore des déficits accumulés au fil des décennies. Pourtant, une lecture objective de la situation énergétique de la République démocratique du Congo impose une analyse plus équilibrée. Car derrière les défis visibles se cache une entreprise stratégique engagée dans une transformation profonde sous l’impulsion de son Directeur général, l’ingénieur et professeur d’université Teddy Lwamba.
Loin des polémiques, il est temps d’évaluer les faits, les réformes engagées et les résultats obtenus.
Une entreprise confrontée à un défi national et non sectoriel
Le premier constat est simple : le problème de l’électricité en RDC ne relève pas exclusivement de la SNEL.
La question énergétique est un enjeu multisectoriel qui implique l’État, les investisseurs, les consommateurs, les régulateurs et les partenaires techniques et financiers.
La SNEL hérite d’infrastructures parfois vieillissantes, d’un faible taux de facturation recouvrée, d’investissements historiquement insuffisants et d’une demande énergétique en croissance constante. Malgré cela, l’entreprise doit continuer à produire, transporter et distribuer l’électricité à travers un territoire-continent.
Dans ce contexte particulièrement complexe, la direction générale a choisi la voie des réformes et de l’innovation plutôt que celle de la résignation.
Teddy Lwamba, un manager de terrain à la vision moderne
Ingénieur de formation et professeur d’université, Teddy Lwamba apporte à la tête de la SNEL une double expertise : la rigueur scientifique et la culture managériale.
Depuis son arrivée, plusieurs initiatives témoignent d’une volonté claire de moderniser l’entreprise et d’améliorer durablement le service à la population.
Sous sa conduite, la SNEL s’inscrit davantage dans une logique de performance, de recherche de financements, de renforcement des capacités techniques et d’ouverture à de nouveaux partenariats.
Le Directeur général défend une idée simple : pour résoudre le déficit énergétique, la RDC doit produire davantage d’électricité, attirer les investissements et valoriser les compétences nationales.
Cette vision commence progressivement à produire ses effets.
L’ouverture au secteur privé : une stratégie pragmatique
Parmi les innovations majeures figure l’encouragement des producteurs indépendants d’énergie.
À Kinshasa, plusieurs opérateurs privés travaillent désormais en partenariat avec la SNEL. Ces entreprises produisent l’électricité tandis que la SNEL met à disposition son expertise et son réseau de transport pour acheminer l’énergie vers les consommateurs.
Cette approche permet d’augmenter rapidement l’offre électrique sans imposer à l’entreprise publique la totalité des investissements nécessaires.
C’est un changement de paradigme qui traduit une compréhension moderne des enjeux énergétiques et une volonté d’associer toutes les forces disponibles au développement du pays.
Une entreprise qui continue à soutenir l’État
Malgré les contraintes d’exploitation, la SNEL demeure l’un des principaux contributeurs à l’économie nationale.
Par les impôts, les salaires, les charges sociales et différentes contributions fiscales, l’entreprise participe activement au fonctionnement de l’État et à la création de richesses.
Les estimations font état d’une dette cumulée d’environ 660 millions de dollars que l’État congolais doit à la SNEL au titre de diverses consommations et obligations financières. Cette situation pèse considérablement sur les capacités d’investissement et de développement de l’entreprise.
Peu d’entreprises publiques peuvent revendiquer un tel impact sur les finances publiques tout en assumant une mission de service public aussi exigeante.
Valoriser l’expertise congolaise
Un autre mérite de la SNEL réside dans son importante ressource humaine.
Avec plus de 1.110 ingénieurs congolais mobilisés dans les domaines de la production, du transport et de la distribution, l’entreprise constitue l’un des plus grands pôles nationaux d’expertise technique.
Près de 58 % des effectifs sont affectés à la distribution, secteur directement lié au service rendu aux consommateurs.
Cette richesse humaine constitue un atout stratégique pour accompagner l’ambition nationale d’électrification et mérite un investissement continu en matière de formation, d’équipements et de renouvellement générationnel.
Relancer les infrastructures et restaurer la confiance
Sous la direction de Teddy Lwamba, plusieurs actions de modernisation sont observées : renouvellement progressif des équipements, redynamisation de certains ouvrages, relance de projets énergétiques et amélioration des capacités opérationnelles de l’entreprise.
La remise en exploitation de sites stratégiques tels que Kakobola illustre cette volonté de remettre en mouvement les actifs énergétiques du pays afin d’accroître l’offre disponible.
Cette dynamique s’accompagne également d’une réflexion sur le statut juridique de l’entreprise, son financement et son attractivité auprès des investisseurs.
Faire de l’énergie une cause nationale
L’électricité ne peut plus être considérée comme un simple sujet technique réservé aux spécialistes.
Elle conditionne l’industrialisation, l’emploi, l’accès aux soins, la qualité de l’enseignement, l’attractivité des investissements et même l’influence régionale de la RDC.
Le véritable débat devrait donc porter sur les solutions.
Comment financer les nouvelles infrastructures ?
Comment réhabiliter Inga I et Inga II ?
Comment améliorer le recouvrement des factures ?
Comment attirer davantage d’investissements privés ?
Comment doubler les capacités énergétiques nationales tous les dix ans ?
Ce sont ces questions qui doivent mobiliser l’attention nationale.
Pour une vision de long terme
Face à l’ampleur des besoins, deux approches doivent être menées simultanément : répondre aux urgences actuelles tout en préparant l’avenir.
La RDC dispose d’atouts exceptionnels avec Inga et son potentiel hydroélectrique unique au monde. Encore faut-il maintenir une cohérence des politiques publiques, rassurer les investisseurs et garantir la stabilité des orientations stratégiques.
La SNEL ne pourra pas réussir seule. Mais elle ne peut pas non plus être tenue seule responsable de l’ensemble des défis énergétiques du pays.
Conclusion
À l’heure où les critiques occupent souvent plus d’espace que les solutions, il convient de reconnaître les efforts de transformation engagés au sein de la SNEL et le leadership exercé par son Directeur général, l’ingénieur et professeur d’université Teddy Lwamba.
La reconstruction du secteur électrique congolais exige de la patience, des investissements massifs, une gouvernance rigoureuse et une vision claire. C’est précisément dans cette direction que semble s’orienter aujourd’hui la SNEL.
Au lieu d’alimenter les procès d’intention, le pays gagnerait à soutenir un débat de société sérieux autour de l’énergie, car derrière la réussite de la SNEL se joue une part essentielle de l’avenir économique et industriel de la République démocratique du Congo.
Jimmy MUKENDI T.







