Le Curé de la paroisse universitaire Mère de l’Espérance au diocèse de Mbuji-Mayi, l’Abbé Blaise KANDA remet au centre du débat le rôle de l’Église face au pouvoir politique. Pour lui, la mission de l’Église est claire : ne jamais être au pouvoir, mais toujours veiller au bien du peuple.
Selon l’Abbé KANDA, l’Église ne peut pas être au pouvoir. Son rôle est d’interpeller. « Faites mieux. Vous avez fait bien, Ok, faites mieux. Ici vous ne faites rien, c’est ça le rôle de l’Église », déclare-t-il.
Pour le prêtre, l’Église doit rester du côté des faibles et des petits. C’est une position qui, dit-il, ne doit pas changer selon les régimes. « Demain ou après-demain, Félix Tshisekedi ne sera plus au pouvoir, c’est quelqu’un d’autre. Pensons à l’avenir », prévient-il.
L’Abbé KANDA utilise une image forte : l’Église comme le coq qui rappelle. « Cocorico, souvenez-vous de vos promesses électorales. Cocorico, vous avez dit : vous mangerez et vous rassasierez. Nous ne nous sommes pas encore rassasiés ».
Il insiste : il faut secouer le pouvoir. « S’ils ne sont pas secoués, ils ne feront rien. Il faut les secouer », martèle le curé de la paroisse universitaire. C’est, selon lui, le rôle prophétique par excellence.
Pour l’Abbé, le pouvoir politique est en lui-même corrupteur. « Quelqu’un peut être animé de bonne foi, mais quand il est là, le pouvoir peut le corrompre ».
D’où la nécessité d’un contre-pouvoir moral. L’Église doit poser des questions aux gouvernants et rappeler les engagements pris devant le peuple. Sans cette pression, dit-il, rien ne bouge.
Les propos de l’Abbé Blaise KANDA résonnent comme un rappel : la mission de l’Église catholique en RDC n’est pas de gérer, mais d’éclairer, de dénoncer et d’encadrer.
Être « du côté des petits », interpeller sans relâche et refuser toute compromission avec le pouvoir. C’est à ce prix, selon lui, que l’Église reste crédible pour demain.
Samuel Dzama







