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Depuis la prison de Makala, Virgini Manganga saisit les instances du Barreau contre les interventions médiatiques de Me Dorothée Madiya

Kinshasa, 5 octobre 2026. Une nouvelle controverse mêlant justice, communication médiatique et déontologie professionnelle secoue le dossier opposant le journaliste Virgini Manganga à l’artiste musicien Fally Ipupa. Depuis la prison centrale de Makala où il est détenu, le journaliste a officiellement saisi le Bâtonnier national ainsi que le Bâtonnier du Barreau de Kinshasa/Gombe pour dénoncer les interventions publiques de Me Dorothée Madiya, avocate de l’artiste congolais.

Une dénonciation adressée au Barreau

Dans une correspondance datée du 2 octobre 2026 et réceptionnée par les services de l’Ordre national des avocats, Virgini Manganga accuse Me Dorothée Madiya d’avoir effectué des déclarations médiatiques relatives au litige qui l’oppose à Fally Ipupa sans qu’il apparaisse, selon lui, qu’une autorisation préalable du Bâtonnier ait été sollicitée et obtenue.

Le journaliste fait notamment référence à une conférence de presse organisée le 30 septembre 2026 au cours de laquelle l’avocate se serait exprimée devant plusieurs journalistes à propos du dossier judiciaire en cours devant le Tribunal de paix de Kinshasa/Gombe.

Selon les termes de la lettre, Me Dorothée Madiya aurait abordé publiquement les éléments de fond de l’affaire et tenu des propos que le plaignant considère comme attentatoires à son honneur et à sa réputation.

Des griefs portant sur le fond et la forme

Dans sa dénonciation, Virgini Manganga affirme que l’avocate serait allée au-delà de la simple défense des intérêts de son client en se livrant à des commentaires portant sur le fond du dossier encore pendant devant la justice.

Le journaliste soutient également avoir été publiquement dénigré lors de cette intervention médiatique. Dans sa correspondance, il reproche à Me Madiya de l’avoir notamment qualifié de « tiktokeuse » et d’avoir laissé entendre que sa condamnation serait inévitable.

Pour le plaignant, de telles déclarations seraient de nature à influencer l’opinion publique et à créer l’impression que l’issue judiciaire de l’affaire serait déjà connue avant même la décision du tribunal.

Une question de déontologie professionnelle

Au-delà du différend personnel avec l’avocate, Virgini Manganga invite les autorités ordinales à examiner la conformité de ces interventions médiatiques avec les règles professionnelles qui encadrent l’exercice de la profession d’avocat en République démocratique du Congo.

Dans sa lettre, il évoque notamment les principes liés au devoir de réserve, à la confidentialité, au respect des juridictions ainsi qu’à la dignité de la profession.

Le journaliste demande ainsi aux instances disciplinaires compétentes :

  • de prendre acte de sa dénonciation ;
  • de vérifier les circonstances exactes des interventions médiatiques incriminées ;
  • d’entendre les explications de Me Dorothée Madiya ;
  • d’apprécier la conformité de son comportement aux règles déontologiques applicables ;
  • et de prendre, le cas échéant, les mesures qu’elles jugeront appropriées.

Une affaire qui dépasse le cadre judiciaire

Cette démarche intervient dans un contexte où les dossiers judiciaires impliquant des personnalités médiatiques sont de plus en plus débattus sur les réseaux sociaux et dans les médias traditionnels.

La plainte de Virgini Manganga soulève ainsi une problématique récurrente : jusqu’où un avocat peut-il communiquer publiquement sur une affaire pendante sans empiéter sur les exigences de prudence, de réserve et de déontologie qui gouvernent sa profession ?

Il appartient désormais aux instances ordinales du Barreau, saisies officiellement de cette dénonciation, d’examiner les faits allégués et de déterminer s’ils appellent ou non l’ouverture d’une procédure disciplinaire.

KNB NEWS suivra l’évolution de ce dossier qui continue d’alimenter les débats entre liberté de communication, droit à la défense et respect des règles déontologiques au sein de la profession d’avocat en République démocratique du Congo.

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