La République démocratique du Congo s’enfonce dans une stratégie fiscale rétrograde qui menace son avenir technologique. Les nouvelles taxes appliquées aux services numériques ne constituent pas un mécanisme de régulation, mais un frein systémique à l’innovation. Elles alourdissent le coût d’accès aux plateformes digitales, découragent les startups et fragilisent l’écosystème numérique déjà embryonnaire.
■ Le précédent du RAM : une escroquerie institutionnalisée.
Le scandale du Registre des Appareils Mobiles (RAM), instauré en 2021 par le même ministre, reste un traumatisme collectif. Présenté comme un outil de cybersécurité et de traçabilité des terminaux, il s’est révélé être une opération d’extorsion massive, siphonnant les crédits téléphoniques de millions d’utilisateurs.
Ce fiasco a démontré comment une politique publique mal conçue peut se transformer en malware institutionnel, sapant la confiance des citoyens et paralysant la dynamique numérique.
■ Un recul technologique alarmant.
La répétition de ce schéma avec les taxes numériques confirme une tendance inquiétante : la RDC ne suit pas la transformation digitale mondiale, elle la sabote. Alors que les nations investissent dans l’intelligence artificielle, le cloud computing, la blockchain et l’Internet des objets (IoT), le pays choisit de taxer l’accès aux infrastructures numériques.
Résultat : les jeunes développeurs, les fintechs et les incubateurs technologiques sont poussés vers l’exil ou l’abandon de leurs projets. L’État érige des firewalls fiscaux qui bloquent l’émergence d’une économie numérique compétitive.
■ Pour une fiscalité au service de l’innovation.
La RDC doit impérativement réorienter sa politique fiscale vers un modèle pro‑innovation. Cela implique :
- Encourager les startups par des exonérations ciblées.
- Stimuler l’investissement numérique via des incitations fiscales.
- Protéger les consommateurs contre les prélèvements abusifs.
- Valoriser les talents locaux en soutenant la formation et la recherche.
Persister dans une logique de taxation abusive, c’est condamner la RDC à rester en marge de la quatrième révolution industrielle.
Jimmy MUKENDI T.










