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Électricité à Kinshasa : les explications de Teddy Lwamba face à la crise de desserte

■ Des coupures qui inquiètent la population.

Depuis plusieurs semaines, les habitants de Kinshasa font face à de longues coupures d’électricité. Dans certains quartiers, le courant n’est disponible que pendant quelques heures dans la nuit, entre 0 heure et 4 heures du matin. Dans d’autres secteurs, l’alimentation est limitée à quelques heures seulement dans la journée.

Face aux nombreuses préoccupations des abonnés, le Directeur général de la Société nationale d’électricité (SNEL), Teddy Lwamba Muba, a apporté des explications lors d’un briefing de presse. Selon lui, cette situation est la conséquence de plusieurs facteurs techniques et naturels qui affectent actuellement la production d’énergie électrique.

■ L’arrêt d’une importante machine de production.

Le premier problème évoqué par le DG de la SNEL est l’arrêt du groupe G25, mis en service en novembre 2025 et capable de produire 193 mégawatts.

D’après Teddy Lwamba, cette installation est actuellement à l’arrêt pour des contrôles techniques, ce qui a entraîné une baisse importante de la puissance disponible sur le réseau national. La perte de près de 200 mégawatts a directement réduit la capacité de la SNEL à alimenter correctement la capitale.

■ La baisse des eaux complique la situation.

Outre les difficultés techniques, la SNEL doit également faire face à la période d’étiage, caractérisée par une forte baisse du niveau des eaux dans les rivières et les barrages.

Comme la RDC produit principalement son électricité grâce à l’hydroélectricité, la quantité d’énergie disponible dépend fortement des conditions climatiques. Entre juillet et la mi-octobre, les réserves d’eau diminuent considérablement, obligeant parfois l’entreprise à ralentir ou à arrêter certaines machines afin de préserver les équipements.

Cette réalité montre la forte dépendance du pays aux ressources hydrauliques et souligne l’importance de diversifier les sources de production énergétique.

■ Du Mondial à la réalité actuelle.

Le DG de la SNEL a rappelé qu’entre le 11 juin et le 15 juillet, période marquée par les festivités autour de la Coupe du monde 2026, Kinshasa recevait jusqu’à 700 mégawatts de puissance. Durant cette période, la desserte s’était nettement améliorée et la majorité des abonnés bénéficiaient d’un accès régulier à l’électricité.

Mais après cette phase, l’arrêt du G25 et la baisse du niveau d’eau ont fait chuter la production disponible à environ 390 mégawatts, voire 450 mégawatts lorsque la SNEL redirige certaines quantités d’énergie du secteur industriel vers les ménages.

Cette réduction explique les délestages sévères observés actuellement à travers la capitale.

■ Une crise qui révèle les limites du système.

Au-delà des explications techniques, cette situation met en lumière les fragilités du système énergétique congolais. Une seule panne majeure ou une simple variation des conditions hydrologiques suffit aujourd’hui à perturber l’approvisionnement de plusieurs millions d’habitants.

Les difficultés actuelles rappellent également l’urgence de renforcer les infrastructures de production, de transport et de distribution de l’électricité afin d’éviter que les abonnés ne subissent régulièrement de longues heures sans courant.

■ La SNEL mise sur des solutions d’urgence.

Pour faire face à cette situation, Teddy Lwamba affirme que la SNEL explore plusieurs pistes. Le recours au solaire photovoltaïque a été étudié, mais cette option nécessite plusieurs mois avant d’être opérationnelle.

L’entreprise s’intéresse également à la solution proposée par la société turque Karpowership, spécialisée dans les centrales électriques flottantes. Selon le DG de la SNEL, cette technologie est déjà utilisée dans certains pays africains comme le Ghana, le Nigeria et le Kenya pour renforcer rapidement leur capacité énergétique.

L’objectif serait de disposer, dans un délai relativement court, d’une source supplémentaire d’électricité capable de réduire les délestages qui affectent actuellement Kinshasa.

■ Entre urgence et réformes.

Le message de Teddy Lwamba est clair : la crise actuelle est principalement liée à la baisse de la production disponible à cause de l’arrêt du G25 et des conditions hydrologiques défavorables. Toutefois, les explications du DG de la SNEL montrent également que les défis du secteur électrique dépassent les seules circonstances du moment.

La recherche de solutions d’urgence est nécessaire, mais elle devra s’accompagner de réformes profondes et d’investissements durables pour garantir à la population congolaise un accès stable et permanent à l’électricité. Pour de nombreux Kinois, la véritable attente reste désormais le retour rapide d’une desserte fiable et régulière.

Jimmy MUKENDI T.

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