■ Une décision symptomatique mais inefficace.
La récente décision du CSAC de menacer la fermeture de TikTok en République démocratique du Congo est présentée comme une mesure de régulation face aux dérives verbales et aux contenus jugés nuisibles. Mais en réalité, cette fermeture ne s’attaque pas aux racines du problème. Les réseaux sociaux ne disparaîtront pas : YouTube, Facebook, X, WhatsApp et bien d’autres continueront d’exister et d’être utilisés par des millions de Congolais.
■ Le vrai problème : la gouvernance.
Ce ne sont pas les influenceurs qui décident des orientations politiques ou institutionnelles. Ils ne participent pas aux réunions stratégiques de l’État. Le véritable défi réside dans la qualité des dirigeants, dans le mode de recrutement et dans l’accès aux postes de responsabilité. Tant que ces mécanismes resteront opaques et clientélistes, les réseaux sociaux ne seront qu’un miroir grossissant des failles de la gouvernance.
■ La force de la loi, pas la censure numérique.
Le pouvoir ne se gagne pas en censurant une application. Il se construit dans la rue, par la légitimité populaire, et dans la loi, par l’autorité de l’État. Les arrestations arbitraires, la destruction des maisons, la répression des activités informelles, les taxes numériques et maintenant la fermeture de TikTok ne font qu’accentuer le sentiment d’injustice. Trop, c’est trop.
■ TikTok, un espace économique et social.
Au‑delà des polémiques, TikTok est aussi un espace de créativité et de développement économique. De nombreux jeunes y bâtissent des business informels, y trouvent une visibilité et y génèrent des revenus. Fermer cette plateforme, c’est fragiliser davantage une jeunesse déjà marginalisée dans les institutions.
■ Conclusion : un faux problème, une vraie crise.
Fermer TikTok ne résout rien. Le problème n’est pas l’outil, mais l’usage que l’on en fait et surtout la qualité de ceux qui gouvernent. Plutôt que de chercher des boucs émissaires numériques, il est urgent de réformer les pratiques politiques, de renforcer l’éducation citoyenne et de restaurer la confiance entre l’État et sa jeunesse.
Jimmy MUKENDI T.







