Washington / Kinshasa, 24 août 2026 – L’ancien président Joseph Kabila contre-attaque. Par le biais de son avocat américain spécialisé dans les sanctions, Me Erich Ferrari, il a déposé la semaine dernière une plainte de 16 pages devant le tribunal fédéral du District de Columbia pour obtenir l’annulation de sa désignation par l’OFAC.
Le 30 avril dernier, l’Office de Contrôle des Avoirs Étrangers du Département du Trésor américain avait inscrit Joseph Kabila sur la liste des SDN (Specially Designated Nationals), l’accusant d’avoir « apporté une aide matérielle, financière et logistique » au M23 et à sa coalition politico-militaire, l’AFC, opérant dans l’Est de la RDC.
Selon le communiqué de l’OFAC, l’ancien chef de l’État aurait financé l’AFC pour influencer la situation politique à l’Est, encouragé des défections au sein des FARDC et tenté de lancer des attaques depuis l’extérieur du pays.
Une décision « arbitraire et illégale »
Dans sa plainte, le cabinet Ferrari & Associates dénonce une décision « arbitraire, non conforme à la loi » qui excède les pouvoirs conférés par le décret exécutif 13413.
La défense développe quatre arguments majeurs :
Aucune preuve concrète : L’OFAC n’aurait fourni aucun élément factuel vérifiable – aucun montant, aucune date, aucune transaction – se contentant de répéter des « affirmations non vérifiées et politiquement motivées » fabriquées par ses adversaires à Kinshasa. Sa présence à Goma et Bukavu ne constitue pas une preuve de soutien matériel.
Une confusion entre politique et rébellion : L’OFAC lui reproche d’avoir « œuvré pour mettre en place un candidat opposé au président actuel ». Pour ses avocats, une activité politique légale ne constitue pas un soutien au M23.
Un détournement à des fins diplomatiques : L’OFAC se serait fondé sur des facteurs extérieurs à ses critères, notamment la volonté de soutenir les Accords de Washington pour la paix et la prospérité, signés le 4 décembre 2025 entre la RDC et le Rwanda sous médiation américaine.
Une contradiction historique : La plainte rappelle que c’est sous la présidence de Joseph Kabila qu’en 2013 les FARDC ont vaincu le M23 et l’ont chassé du territoire, ce qui « contredit la conclusion selon laquelle il soutiendrait ce groupe aujourd’hui.
Enfin, la plainte dénonce une « mort civile » entraînant un préjudice irréparable par le gel mondial de ses avoirs et la destruction de sa réputation.
Joseph Kabila demande au tribunal d’annuler sa désignation et d’interdire définitivement au gouvernement américain d’appliquer ces sanctions à son encontre.
Samuel Dzama







