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Journée mondiale des océans 2026 : L’océan, levier de développement à réimaginer

Le 8 juin, l’ONU célèbre la Journée mondiale des océans sous le thème : « Réimaginer : Au-delà du monde que nous connaissons, une nouvelle relation avec notre océan ». Loin d’être un simple enjeu écologique, ce thème impose de repenser l’océan comme une infrastructure de développement. Pour la RDC et l’Afrique, c’est un appel à transformer notre rapport au poumon bleu en stratégie de croissance.

L’océan fondation du développement humain et économique
L’océan produit 50% de notre oxygène, absorbe 30% du CO₂ et régule 90% de la chaleur excédentaire. Il nourrit 3 milliards de personnes et soutient 600 millions d’emplois dans la pêche, le transport et le tourisme. Mais ce pilier est fissuré : 90% des gros poissons sont épuisés, 50% des récifs coralliens détruits. L’ONU est formelle : nous prenons plus que ce que l’océan peut reconstituer. Aucun développement durable n’est possible sans un océan en bonne santé.

Pollution plastique : quand nos déchets sabotent la croissance
14 millions de tonnes de plastique polluent l’océan chaque année. Une bouteille met 450 ans à disparaître, un mégot contamine 500 litres d’eau. Le coût est économique : pêche en baisse, tourisme en recul, dépenses de dépollution. En RDC, le fleuve Congo agit comme une autoroute à déchets. Tout ce qui est jeté à Kinshasa atteint Moanda en 5 jours, étouffant les mangroves du Parc Marin. Ces mangroves ne sont pas que des arbres : elles protègent les côtes, stockent le carbone et assurent la reproduction des poissons. Les détruire, c’est menacer la sécurité alimentaire du Golfe de Guinée.

Réimaginer , investir dans l’économie bleue
Le thème 2026 exige : « Cessons d’être de simples bénéficiaires de ses ressources et devenons de véritables gardiens de son avenir ». Ce changement de posture crée de nouveaux marchés. L’économie circulaire et le recyclage deviennent créateurs d’emplois, comme le prouve Kin Kitoko à Kinshasa. Un Parc Marin de Moanda propre attire écotouristes, chercheurs et financements climatiques. Aquaculture durable, biotechnologies marines, énergie marémotrice : l’océan sain est le prochain grand chantier de diversification économique pour l’Afrique.

Responsabilité partagée pour un développement cohérent
Réimaginer la relation terre-océan implique trois acteurs. Les États doivent légiférer sur le plastique à usage unique et investir dans le tri. Les entreprises doivent intégrer les 5 R : Refuser, Réduire, Réutiliser, Recycler, Rendre à la terre. Les citoyens doivent agir : gourdes inox, refus des emballages, participation aux nettoyages du 8 juin sur les berges du fleuve Congo. Un sac de déchets ramassé ici, c’est une tortue sauvée là-bas et un emploi préservé demain.

Sans océan bleu, pas d’avenir
Le message 2026 est un message de développement. La santé de l’océan conditionne la sécurité alimentaire, la stabilité climatique et la création d’emplois durables. Pour la RDC, l’enjeu est de transformer une contrainte environnementale en opportunité économique. L’océan commence au pas de notre porte. En coupant le robinet à déchets sur terre, nous lui donnons une chance de se régénérer. Et en se régénérant, il nous rend les conditions de notre propre prospérité. Réimaginer l’océan, c’est réimaginer notre développement.

✍️ Samuel DZAMA

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