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La RDC franchit un tournant historique avec la réception de 244 référentiels des métiers et des compétences

La République démocratique du Congo vient de poser l’un des jalons les plus importants de son processus de réforme de la formation professionnelle. Le Ministère de la Formation Professionnelle et le Club BTP-CMA ont procédé, ce mercredi au Musée National de Kinshasa, à la remise officielle et à la réception administrative de 244 référentiels des métiers et des compétences, un outil stratégique destiné à rapprocher durablement l’école, l’entreprise et le marché de l’emploi.

Cette cérémonie marque l’aboutissement d’un vaste travail technique de structuration des métiers et ouvre une nouvelle ère dans la politique nationale de qualification professionnelle. À travers cette démarche, le Gouvernement entend faire de la compétence un levier central du développement économique et de l’employabilité de la jeunesse congolaise.

■ Un cadre de référence pour répondre aux besoins du marché.

Les 244 référentiels remis au Ministère constituent désormais la base technique sur laquelle reposeront les futurs programmes de formation, les systèmes d’évaluation ainsi que les mécanismes de certification professionnelle.

Ces documents décrivent avec précision les compétences attendues pour chaque métier, les tâches à maîtriser, les exigences du terrain et les standards de performance requis. Ils permettront ainsi d’établir un langage commun entre les centres de formation, les entreprises, les organismes de certification et les apprenants.

L’objectif est clair : mettre fin au décalage entre les formations dispensées et les besoins réels du marché du travail.

■ Une mobilisation institutionnelle de haut niveau.

La cérémonie a réuni plusieurs personnalités politiques, institutionnelles et économiques venues témoigner de l’importance stratégique de cette réforme.

Parmi les invités figuraient notamment des députés nationaux, des sénateurs, plusieurs membres du Gouvernement, dont la Ministre d’État en charge de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté, le Ministre des Postes, Télécommunications et Numérique ainsi que le Ministre délégué à la Défense et aux Anciens Combattants.

Les autorités provinciales, les partenaires techniques ainsi que les représentants du secteur privé, notamment la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), IRMA et Immorose, ont également pris part à cette importante rencontre.

Deux personnalités ont particulièrement porté cette initiative : le Ministre d’État, Ministre de la Formation Professionnelle, Maître Marc EKILA LIKOMBO, et le Président du Club BTP-CMA, le Sénateur Jean BAMANISA SAIDI.

■ « La fin d’un processus et le début d’un autre »

Prenant la parole après la remise officielle des documents, le Ministre d’État Marc EKILA LIKOMBO a souligné la portée historique de cette étape.

« C’est la fin d’un processus et le début d’un autre. »

Pour le patron de la Formation Professionnelle, la réception de ces référentiels ne constitue pas une finalité, mais plutôt le point de départ d’une transformation profonde du système de qualification professionnelle en RDC.

Les prochaines étapes consisteront à traduire ces référentiels en programmes de formation adaptés, en mécanismes de certification crédibles et en opportunités concrètes d’insertion professionnelle pour les jeunes Congolais.

Rendant hommage au Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, ainsi qu’à la Première Ministre, Judith Suminwa Tuluka, le Ministre d’État a rappelé la valeur fondamentale de cet outil dans la réforme engagée par le Gouvernement.

« Le référentiel des métiers et des compétences est une boussole. Il est la description claire et précise de ce qu’est un métier sur le terrain et des compétences concrètes qu’il faut maîtriser pour l’exercer. Il permet de ne plus former pour former, mais de former pour l’emploi. »

■ Le secteur du BTP en première ligne.

Parmi les 244 référentiels validés, le secteur du Bâtiment et Travaux Publics figure parmi les domaines prioritaires.

Dix métiers stratégiques sont déjà prêts à être déployés à travers les dispositifs de formation :

  • Maçonnerie générale ;
  • Coffrage et ferraillage ;
  • Électricité bâtiment ;
  • Plomberie sanitaire et installation ;
  • Carrelage et revêtement des sols et murs ;
  • Menuiserie bois et aluminium ;
  • Peinture bâtiment et décoration ;
  • Soudure et chaudronnerie ;
  • Topographie et dessin bâtiment (BIM) ;
  • Chef de chantier et conducteur de travaux.

Ces métiers correspondent directement aux besoins exprimés par les grands projets d’infrastructures et les chantiers de développement en cours dans le pays.

■ Mettre fin au divorce entre diplôme et emploi.

Au-delà de leur dimension technique, ces référentiels apparaissent comme un véritable pacte de confiance entre le système éducatif et le monde de l’entreprise.

Pendant de nombreuses années, les employeurs ont dénoncé l’insuffisance pratique des compétences acquises par certains diplômés, tandis que les jeunes se plaignaient d’une absence de débouchés malgré leurs qualifications académiques.

La mise en place de ces nouveaux référentiels vise précisément à combler ce fossé.

Désormais, la formation ne sera plus conçue uniquement à partir des contenus pédagogiques, mais aussi à partir des réalités concrètes des métiers. L’évaluation des apprenants reposera sur des compétences observables et mesurables, répondant aux exigences du terrain et aux standards internationaux.

Former un maçon ne consistera plus seulement à transmettre des connaissances théoriques, mais à développer sa capacité à exécuter un ouvrage conforme aux normes, à respecter un plan de construction, à garantir la sécurité du chantier et à répondre aux exigences professionnelles du secteur.

■ Vers une révolution des compétences en RDC.

Avec la réception officielle de ces 244 référentiels, la RDC amorce une réforme structurelle appelée à transformer durablement son système de formation professionnelle. Plus qu’un simple ensemble de documents techniques, ces référentiels incarnent une nouvelle vision du développement fondée sur la compétence, la qualification et l’adéquation entre la formation et l’emploi.

Pour les autorités comme pour les partenaires du secteur privé, cette avancée constitue un signal fort : l’avenir économique du pays passera désormais par une main-d’œuvre mieux formée, mieux certifiée et capable de répondre aux défis de la modernisation nationale.

Jimmy MUKENDI T.

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