Longtemps spectatrice des grands sommets climatiques, l’Afrique s’impose désormais comme un acteur incontournable. Au centre de cette nouvelle géographie écologique : la République démocratique du Congo.
Avec 3,46 millions de km² de forêts, 30 milliards de tonnes de carbone stockées et plus de 10 000 espèces végétales recensées, le bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical au monde après l’Amazonie, est devenu le symbole d’une Afrique régénératrice.

Si plusieurs pays africains disposent d’atouts naturels majeurs, du Cameroun à l’Éthiopie en passant par le Gabon et le Kenya, aucun n’égale le potentiel congolais. Les sols du Kasaï, de l’Équateur et du bassin du Congo figurent parmi les plus fertiles de la planète, riches en minéraux essentiels pour le manioc, le maïs, le soja et les fruits tropicaux.
« La RDC n’est pas seulement un réservoir de biodiversité, c’est un pays solution », a martelé la délégation congolaise lors de la COP28 à Dubaï. Une formule reprise depuis par de nombreux experts.
Kinshasa a présenté un plan ambitieux :
- Planter 1 milliard d’arbres d’ici 2030
- Accélérer les programmes REDD+, soutenus par la Banque mondiale, pour réduire les émissions liées à la déforestation
- Former les communautés locales à la gestion durable des forêts
- Développer une bio-économie verte fondée sur la transformation locale des ressources

L’objectif affiché est clair : concilier développement agricole et préservation de la nature, et faire de la RDC le grenier durable du continent.
Au-delà de la RDC, c’est toute l’Afrique qui revendique un rôle central dans la lutte contre le changement climatique. Les terres volcaniques du Cameroun et du Kenya, les 85% de forêts du Gabon ou les hauts plateaux éthiopiens dessinent les contours d’un continent capable d’absorber le CO2 mondial tout en nourrissant sa population.

Reste l’éternel défi du financement. Comme l’a rappelé un négociateur africain : « Nous protégeons un bien mondial, le monde doit investir avec nous. »
Samuel Dzama







