■ Des révélations qui alimentent le débat sur l’éthique journalistique.
La diffusion d’un audio de Paul Tosua, ancien caméraman de Digital Congo TV et actuel responsable d’une chaîne de télévision appartenant à Bienvenu Liyota, proche de l’ancien président Joseph Kabila, provoque une vive polémique dans les milieux médiatiques et politiques congolais.
Selon les informations qui circulent sur les réseaux sociaux et dans certains cercles médiatiques, l’enregistrement serait lié à une tentative de prise de contact avec Jean-Lucien Bussa, actuellement ministre de l’Aménagement du territoire.
D’après les auteurs de ces révélations, Paul Tosua aurait été enregistré à son insu dans le cadre d’échanges impliquant Coco Ngobe, attachée de presse de Jean-Lucien Bussa et ancienne journaliste de CCTV.
■ Des accusations relayées dans l’audio.
Les personnes ayant diffusé cet audio affirment que l’on y entendrait Paul Tosua évoquer une somme de 15 000 dollars américains qui serait réclamée pour mettre fin à ce qu’il présente comme une offensive médiatique dirigée contre Jean-Lucien Bussa.
Toujours selon les mêmes sources, plusieurs personnalités seraient citées dans les échanges. Parmi elles figureraient l’acteur politique Alain Bolodjwa ainsi que les présentateurs des émotions télévisées Louis France Kuzekese, Gauthier Sey, Patrick Lokala et Nonhon Kulu.
À ce stade, les circonstances exactes, l’authenticité intégrale de l’enregistrement et les responsabilités des personnes citées n’ont pas été établies de manière indépendante.
■ Une affaire qui interpelle la profession.
Cette controverse relance les débats sur certaines pratiques dénoncées depuis plusieurs années dans le secteur médiatique. Pour de nombreux observateurs, si de telles méthodes étaient avérées, elles constitueraient une violation grave des principes d’éthique et de déontologie journalistiques.
La presse est souvent considérée comme le quatrième pouvoir et constitue un contrepoids essentiel dans une société démocratique. Toute pratique susceptible de compromettre son indépendance ou sa crédibilité est donc perçue comme une menace pour la confiance du public.
■ Le rappel de l’ouvrage « Journalisme de la main tendue »
Pour plusieurs professionnels des médias, cette affaire rappelle les réflexions développées par le regretté Mikombe Wa Kashimpolo dans son ouvrage intitulé Journalisme de la main tendue.
Selon ces observateurs, les débats soulevés par cet enregistrement illustrent les défis auxquels la profession demeure confrontée en matière d’indépendance, d’intégrité et de respect des règles déontologiques.
■ Des appels à l’intervention des autorités compétentes.
Face à cette polémique, certaines voix demandent aux associations professionnelles des médias, au ministère de la Communication et Médias ainsi qu’au Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) de se saisir du dossier afin d’établir les faits.
Ces acteurs estiment que toute éventuelle violation des règles professionnelles devrait faire l’objet d’un examen rigoureux et, le cas échéant, des mesures prévues par les textes en vigueur.
Dans l’attente d’éventuelles réactions des personnes citées et des conclusions des instances compétentes, cette affaire continue d’alimenter les discussions sur l’avenir de l’éthique journalistique en République démocratique du Congo.
Jimmy MUKENDI T.







