En déplacement officiel à Brazzaville ce samedi, le Président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a présenté ses « profonds regrets » à la population congolaise de l’autre rive après les récents incidents survenus entre citoyens des deux pays. Reçu par son homologue Denis Sassou Nguesso, le chef de l’État congolais a plaidé pour l’apaisement et la restauration de la confiance entre les deux peuples, tout en annonçant une future indemnisation des victimes.

■ Une visite placée sous le signe de l’apaisement.
Face aux tensions provoquées par les récents incidents entre la République démocratique du Congo et la République du Congo, Félix Tshisekedi a tenu à effectuer personnellement le déplacement à Brazzaville afin de délivrer un message de fraternité et de réconciliation.
« Je suis venu surtout pour apaiser les esprits », a déclaré le Président congolais, estimant que les événements enregistrés entre les deux pays ne reflètent ni leur histoire commune ni les liens profonds qui unissent leurs populations.
Pour le chef de l’État, les deux nations demeurent intimement liées par la géographie, la culture et les relations humaines. « Nous formons un même peuple », a-t-il affirmé, qualifiant d’« insensé » le fait d’assister à des affrontements entre populations vivant de part et d’autre du fleuve Congo.

■ Une mission gouvernementale pour mettre fin aux dérapages.
Dans cette démarche de décrispation, Félix Tshisekedi était accompagné des vice-Premiers ministres en charge de l’Intérieur et de la Défense. Ces derniers ont reçu pour mission de travailler conjointement avec leurs homologues de la République du Congo afin d’identifier les causes des incidents et de mettre en place des mécanismes susceptibles d’éviter leur répétition.
Le Président congolais a insisté sur la nécessité de parvenir à des solutions durables pour empêcher tout nouvel embrasement entre les deux pays voisins.

■ « Des réflexes barbares » incompatibles avec l’intégration africaine.
Évoquant les plus de 2 400 kilomètres de frontières terrestres et fluviales que partagent les deux États, Félix Tshisekedi a dénoncé ce qu’il a qualifié de « réflexes barbares » hérités d’un autre temps.
Selon lui, de tels comportements sont en contradiction avec les ambitions d’intégration régionale et africaine portées par les États du continent. Le Président a notamment souligné que la République du Congo se prépare à ouvrir davantage ses frontières aux citoyens africains dès l’année prochaine, une orientation qui appelle à davantage de tolérance et de solidarité entre peuples voisins.

■ La RDC s’engage à indemniser les victimes.
Au-delà des déclarations politiques, le Président de la RDC a également pris un engagement concret envers les personnes affectées par ces incidents.
Il a indiqué qu’une fois le rapport conjoint des délégations congolaise et brazzavilloise finalisé, il rencontrera personnellement les victimes afin de définir les modalités de leur indemnisation.
« Parce que c’est de notre devoir de le faire », a affirmé Félix Tshisekedi, reconnaissant ainsi la nécessité d’apporter une réponse humaine aux préjudices subis.

■ Vers un renforcement de la coopération bilatérale.
Cette visite à Brazzaville apparaît comme une étape importante dans les efforts entrepris par les deux capitales pour préserver les relations historiques entre les deux Congo. Alors que Kinshasa et Brazzaville demeurent les capitales les plus rapprochées du monde, séparées uniquement par le fleuve Congo, les autorités des deux pays entendent manifestement éviter que les récents incidents ne fragilisent davantage une coexistence fondée sur des liens séculaires.
À travers ce déplacement diplomatique, Félix Tshisekedi a voulu adresser un message clair : les tensions récentes ne doivent pas remettre en cause la fraternité entre les peuples congolais des deux rives ni les ambitions communes de paix, d’intégration et de coopération entre Kinshasa et Brazzaville.
Jimmy MUKENDI T.







