BUKAVU / KINSHASA – Le Prix Nobel de la Paix 2018, Dr Denis Mukwege, a de nouveau interpellé le pouvoir sur l’état de la gouvernance en République démocratique du Congo.
Dans ses récentes prises de position, le gynécologue et activiste des droits humains pointe plusieurs dysfonctionnements. Il dénonce d’abord l’insécurité persistante à l’Est, avec l’absence de résultats concrets face aux groupes armés dont le M23 et la souffrance continue des populations du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Il alerte aussi sur le recul des libertés fondamentales, avec des arrestations d’opposants, de journalistes et de militants de la société civile. Il critique par ailleurs la corruption, le détournement des deniers publics et le manque d’investissements massifs dans la santé, l’éducation et les infrastructures sociales. Enfin, il réclame une justice transitionnelle et un tribunal pénal international pour la RDC afin de juger les crimes de masse.
Pour le fondateur de l’hôpital de Panzi, la RDC sous Félix Tshisekedi n’a pas rompu avec les logiques du passé. Il appelle à une gouvernance responsable, inclusive et redevable et insiste sur l’urgence d’un pacte social entre dirigeants et citoyens.
Le Président Tshisekedi met de son côté en avant la gratuité de l’enseignement de base, la couverture santé universelle et la mobilisation diplomatique face à l’agression à l’Est.
Le Dr Mukwege reste une voix très écoutée à l’international sur la RDC. Ses critiques reviennent souvent avant les grandes échéances politiques et en période de tension sécuritaire.
Samuel Dzama







