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RDC – États-Unis : Kinshasa s’engage à créer une Autorité fiscale centralisée dans les douze prochains mois

La République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape dans son partenariat stratégique avec les États-Unis. La Première ministre Judith Suminwa préside, ce lundi 12 octobre 2026 à la Primature, la deuxième réunion de la Task Force RDC-USA, consacrée au suivi des engagements pris entre les deux pays. Au cœur des discussions figurent le corridor de Lobito, les actifs stratégiques congolais proposés à Washington et la mise en place d’une Autorité fiscale centralisée dans un délai maximal de douze mois.

Une réunion consacrée au suivi du partenariat stratégique

Annoncée lors du Conseil des ministres du 9 octobre, cette rencontre vise à assurer la coordination et le suivi opérationnel de l’accord de partenariat stratégique conclu entre Kinshasa et Washington.

Selon le compte rendu présenté par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, quatre principaux dossiers sont inscrits à l’ordre du jour. Il s’agit notamment de l’assistance technique américaine, de l’état d’avancement des travaux liés au corridor de Lobito, du traitement de la liste initiale des actifs stratégiques soumis aux États-Unis ainsi que du processus de sélection des projets jugés prioritaires.

Le corridor de Lobito et les actifs stratégiques au centre des enjeux

Le développement du corridor de Lobito demeure l’un des piliers de la coopération entre les deux partenaires. Ce projet régional est considéré comme une infrastructure stratégique destinée à renforcer les exportations minières de la RDC vers les marchés internationaux.

Parallèlement, Kinshasa poursuit ses échanges avec Washington autour des actifs stratégiques susceptibles d’attirer les investissements américains. Si le contenu précis de la liste transmise à la partie américaine n’a pas été dévoilé, plusieurs sources indiquent que la mine de coltan de Rubaya figure parmi les projets stratégiques mis en avant par les autorités congolaises.

Le gouvernement travaille également sur la mise en place d’un guichet unique destiné à faciliter l’installation et les investissements des opérateurs américains dans le secteur minier.

Une réforme fiscale majeure annoncée

L’annonce la plus marquante concerne toutefois la création d’une Autorité fiscale centralisée.

La Première ministre a indiqué que la RDC s’est engagée à procéder à des réformes législatives, réglementaires et institutionnelles afin de mettre en place cette nouvelle structure dans un délai n’excédant pas douze mois.

L’objectif affiché est de moderniser la gouvernance des finances publiques à travers une meilleure intégration des administrations concernées, l’interconnexion de leurs systèmes d’information, la simplification des procédures administratives ainsi que la centralisation des données relatives aux contribuables.

Pour concrétiser cette réforme, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a reçu mandat de travailler avec les experts de la Primature, des ministères du Budget, de la Justice et du Plan ainsi qu’avec les administrations fiscales concernées. Un rapport sur l’évolution des travaux est attendu dans les trente prochains jours.

Quel avenir pour les régies financières ?

À ce stade, plusieurs zones d’ombre persistent sur l’architecture de cette future Autorité fiscale centralisée.

Le gouvernement n’a pas encore précisé le sort réservé aux principales régies financières du pays, à savoir la Direction générale des impôts (DGI), la Direction générale des douanes et accises (DGDA) et la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD).

Les modalités de coordination, de fusion éventuelle ou de supervision de ces administrations constitueront un élément déterminant pour mesurer l’ampleur réelle de cette réforme annoncée.

Le dossier Inga également à l’agenda

La Task Force RDC-USA prépare par ailleurs plusieurs échéances importantes, notamment la tenue prochaine du comité de pilotage conjoint ainsi qu’une rencontre stratégique consacrée au programme Inga prévue à Paris du 25 au 27 octobre.

Cette réunion réunira notamment des responsables du Trésor américain ainsi que de hauts dirigeants de la Banque mondiale autour de l’avenir du projet Inga III.

Considéré comme l’un des plus grands projets hydroélectriques du continent africain, Inga III reste confronté à de nombreux défis malgré les annonces et les études réalisées au cours des dernières années. En septembre dernier, le président Félix Tshisekedi avait rappelé la nécessité de garantir que l’exploitation de ce mégaprojet profite également aux populations locales.

Des questions encore sans réponse

Malgré les avancées enregistrées dans le cadre de la coopération RDC-USA, plusieurs éléments clés restent encore à clarifier. Parmi eux figurent le contenu exact de la liste des actifs stratégiques transmise à Washington, les critères de sélection des projets prioritaires, le périmètre de la future Autorité fiscale centralisée, le calendrier du comité de pilotage conjoint et les contours précis de l’assistance technique américaine.

Autant de dossiers qui devraient être éclaircis au fil des prochaines réunions de la Task Force, alors que Kinshasa et Washington renforcent progressivement leur partenariat autour des secteurs stratégiques de l’économie congolaise.

KNB NEWS | La rédaction

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