■ Les agents de santé exigent l’application des engagements sociaux et administratifs.
La tension monte dans le secteur public de la santé en République démocratique du Congo. L’Intersyndicale de la santé a officiellement déposé, mercredi à Kinshasa, un préavis de grève de sept jours adressé au Gouvernement, dénonçant ce qu’elle qualifie de non-respect des engagements pris en faveur des agents et cadres du secteur.
À travers une déclaration rendue publique devant la presse, les représentants syndicaux ont averti que l’absence de réponses concrètes aux revendications formulées pourrait conduire au déclenchement d’un mouvement de grève susceptible de perturber le fonctionnement des structures sanitaires publiques à travers le pays.
■ Des revendications salariales et statutaires au cœur de la contestation.
L’Intersyndicale justifie sa démarche par l’accumulation de plusieurs dossiers restés sans solution malgré les engagements antérieurs des autorités compétentes.
Selon son coordonnateur, Jean-Fidèle Boyoo, les professionnels de santé réclament notamment l’accélération des procédures liées à l’admission sous statut des agents, aux promotions en grade ainsi qu’à la mécanisation au salaire de base.
« Si le vice-Premier ministre de la Fonction publique, celui qui représente le Gouvernement par rapport à notre cause, ne parvient pas à trouver des réponses favorables, les agents et cadres du secteur de santé vont aller en grève », a-t-il déclaré.
Parmi les principales revendications figurent également l’alignement à la prime de risque professionnelle, le réajustement barémique ainsi que le paiement des arriérés de primes de risque accumulés au fil des années.
Pour les syndicats, ces mesures constituent des engagements essentiels à l’amélioration des conditions de travail et de rémunération du personnel de santé, confronté à de nombreuses difficultés dans l’exercice quotidien de ses missions.
■ La Couverture santé universelle également concernée.
Au-delà des questions salariales, l’Intersyndicale exige une implication accrue des organisations syndicales dans la mise en œuvre des activités liées à la Couverture santé universelle (CSU), présentée comme l’un des piliers des réformes sanitaires engagées par les autorités.
Les responsables syndicaux estiment que les représentants des travailleurs doivent être associés aux différentes étapes du processus afin de garantir une meilleure prise en compte des réalités professionnelles et des attentes du personnel sur le terrain.
■ Appel au respect des accords conclus.
Par ailleurs, les syndicats plaident pour l’opérationnalisation des mécanismes prévus dans le cadre du Fonds de promotion de la santé. Ils réclament également l’organisation de contrôles physiques des effectifs, conformément aux accords déjà conclus avec les autorités provinciales et nationales.
Pour l’Intersyndicale, ces mesures permettraient d’assainir la gestion administrative du personnel, de renforcer la transparence dans le traitement des dossiers des agents et d’assurer une meilleure exécution des engagements pris par l’État.
■ Une semaine décisive pour éviter la paralysie du secteur.
Ce préavis de sept jours ouvre désormais une période de négociations entre les représentants syndicaux et le Gouvernement. Les prochains jours seront déterminants pour trouver un compromis susceptible d’éviter une paralysie des services publics de santé.
Alors que le système sanitaire congolais demeure confronté à plusieurs défis structurels, une éventuelle grève des agents de santé pourrait avoir des répercussions importantes sur l’accès aux soins des populations, particulièrement dans les établissements publics de référence.
Réaction KNB NEWS







