Le Secrétaire Général de l’UDPS, Augustin Kabuya, a relancé le débat sur les circonstances de la mort de Laurent-Désiré Kabila. Dans une sortie médiatique, il a déclaré : « Ce n’est un secret pour personne : C’est Kabila qui a tué Laurent-Désiré Kabila », en référence à Joseph Kabila.
Le 16 janvier 2001, le président Laurent-Désiré Kabila est abattu dans son bureau du Palais de Marbre. L’enquête congolaise de l’époque pointe un jeune aide de camp. Après sa mort, son fils Joseph Kabila, 29 ans, lui succède à la tête de l’État. Cette succession rapide a toujours alimenté les spéculations sur un « coup de palais ».
Augustin Kabuya reprend cette thèse : accéder au pouvoir après un coup suppose d’y être mêlé. Pour l’UDPS, la question reste ouverte. Pour le camp Kabila, elle a été tranchée par la justice et le temps.
24 ans après, aucune juridiction internationale n’a rouvert le dossier. Les condamnations prononcées par la cour d’ordre militaire en 2003 ont visé des militaires et civils, pas l’ancien président. L’absence de procès public de Joseph Kabila laisse le champ libre aux interprétations politiques.
La sortie de Kabuya intervient dans un contexte de forte polarisation entre l’Union Sacrée et les alliés de Joseph Kabila. Elle montre que la mémoire de Mzee L-D Kabila reste une arme politique majeure pour l’UDPS.
Sur le plan judiciaire, Joseph Kabila n’a jamais été reconnu coupable. Sur le plan politique, l’accusation sert à questionner son parcours. C’est ce décalage entre verdicts et perceptions populaires que les déclarations comme celle de Kabuya entretiennent.
Le dossier de l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila demeure donc à la fois un fait d’histoire, un sujet judiciaire clos, et un argument politique toujours actif en RDC.
Samuel Dzama







