Godé Mpoyi : “La Constitution n’est pas une femme intouchable”

Le professeur Godé Mpoyi, figure académique reconnue, a livré un plaidoyer sans détour en faveur d’une révision constitutionnelle en République démocratique du Congo. Ses propos, teintés d’autorité et d’ironie, ont marqué les esprits. « Je le dis avec beaucoup d’autorité : si quelqu’un vous affirme aujourd’hui qu’il n’y a aucune nécessité de changer la Constitution en RDC, il faut le réinscrire en première année de graduat pour être exorcisé », a lancé le professeur. Pour lui, la Constitution ne doit plus être perçue comme une entité sacrée et immuable, mais comme un instrument évolutif au service des réalités économiques et institutionnelles. Mpoyi a rappelé qu’« à l’époque, on considérait la Constitution comme une femme mariée à laquelle on ne pouvait pas toucher ». Une comparaison volontairement provocatrice pour souligner que les temps ont changé : « Avec l’évolution de l’économie institutionnelle, il est normal de revoir les textes lorsque les intérêts économiques l’exigent. » Le professeur insiste : ignorer la nécessité d’une réforme constitutionnelle revient à nier les mutations profondes de la société congolaise. Selon lui, la modernisation des institutions est une condition sine qua non pour répondre aux défis économiques et politiques du pays. Jimmy MUKENDI T.
Rebo, tu as parlé à quel membre du Gouvernement ?

L’audience du procès de la chanteuse congolaise Rebo Tchulo a été marquée par un moment de tension lorsque le président du tribunal militaire a interrogé l’artiste sur ses éventuels contacts avec des membres du Gouvernement. L’échange en salle d’audience : Cet échange illustre la rigueur du tribunal militaire face aux réticences de la prévenue. La posture du président traduit la volonté de pousser Rebo à clarifier son rôle et ses relations, dans un dossier où les accusations de complicité de torture et d’incitation des militaires pèsent lourdement. La notoriété de l’artiste et la gravité des faits reprochés maintiennent une forte pression médiatique et judiciaire. Chaque parole prononcée à la barre est scrutée, renforçant l’intérêt du public pour ce procès hors norme. Safi MUDEKEZA
Ebola en RDC : Tshisekedi préside la Task Force nationale, des mesures fortes annoncées

Le Président de la République, Félix‑Antoine Tshisekedi, a présidé ce jeudi la Task Force nationale dédiée à la riposte contre la résurgence d’Ebola, due à la souche Bundibugyo. Cette réunion stratégique s’est tenue au Palais de la Nation, en présence des principaux acteurs de la santé et de la sécurité. Le ministre de la Santé publique, Dr Samuel Roger Kamba, a présenté un bilan actualisé : plus de 1 100 cas recensés et 277 décès, soit un taux de létalité de 26 %. Ces chiffres confirment l’ampleur de la menace dans les zones affectées. À l’issue des échanges, plusieurs mesures fortes ont été adoptées : Bonne nouvelle : la capitale, Kinshasa, a été confirmée sans cas d’Ebola à l’issue de cette réunion, un signal encourageant pour les habitants et les autorités locales. Jimmy MUKENDI T.
USA : Sanctions contre Gasabo Gold et un réseau qui trafique les minerais du M23

L’OFAC, service des sanctions du Trésor US, sanctionne un réseau qui fait passer illégalement les minerais de l’Est RDC vers le Rwanda.Le réseau travaille avec le M23, soutenu par le Rwanda selon Washington.Objectif : couper l’argent du M23 et appliquer les Accords de Washington signés le 4 décembre 2025 entre RDC et Rwanda. “Les États-Unis ne laisseront pas des groupes armés profiter du commerce illégal des minerais”, dit le secrétaire au Trésor Scott Bessent.Pour lui, les richesses minières de la RDC appartiennent au peuple congolais.Sous Trump, les USA promettent des sanctions contre tous ceux qui financent la violence via les minerais. La raffinerie rwandaise Gasabo Gold LTD est sanctionnée.Raison : elle rachète et raffine l’or pillé dans l’Est RDC par le M23/FDR.Schéma : soldats RDF + rebelles M23 escortent l’or depuis Bukavu et le Sud-Kivu vers Rusizi, puis Kigali.Début 2026 : au moins 60 kg d’or, soit des millions de dollars, sont passés par Gasabo Gold.L’UE avait déjà sanctionné l’entreprise pour la même raison. Gasabo Gold LTD : pour soutien matériel au M23 via le commerce d’or illicite Tous leurs avoirs aux USA sont gelés.Interdiction pour toute personne ou entreprise américaine de faire affaire avec eux.Les banques qui traitent avec eux risquent aussi des sanctions.Le Trésor rappelle : l’objectif n’est pas de punir, mais d’arrêter le trafic et forcer le respect des Accords de Washington. Washington sanctionne Gasabo Gold et ses dirigeants.Accusation : blanchir l’or du M23 venu de l’Est RDC.Les USA veulent assécher le financement du conflit et rendre la chaîne minière transparente. Samuel Dzama
Le PPRD reprend ses activités après 7 mois et réclame la libération de Minaku, Shadary et Kilanga

Mercredi 24 juin, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie a tenu une réunion politique à Kinshasa.À l’issue de la rencontre, le parti de Joseph Kabila a annoncé la reprise de ses activités sur toute la RDC.Décision prise après la levée de la mesure qui interdisait à ses cadres de s’exprimer dans les médias. Motif : sa participation au mouvement “Sauvons la RDC”.Plusieurs partis alliés avaient aussi vu leurs activités bloquées.Le parti sort donc du silence après 7 mois. Il cite 3 noms : Aubin Minaku, vice-président, Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent, et Dunia Kilanga, secrétaire national à la mobilisation.Ils ont été interpellés de nuit à leur domicile entre décembre 2025 et janvier 2026.Même scénario : des hommes en uniforme et en civil sont intervenus. Il s’oppose aussi à un éventuel 3e mandat de Félix Tshisekedi en 2028.Le PPRD dénonce la “tyrannie” de Kinshasa et parle de détentions au secret sans procès depuis 7 mois. 9 personnes sur 17 ont été retrouvées et libérées.Mais 8 sont toujours détenues, dont Minaku et Shadary.Le BCNUDH avait déjà alerté en avril sur 42 opposants détenus depuis janvier. Sa priorité : faire sortir de prison ses cadres.Sa ligne rouge : pas de révision constitutionnelle, pas de 3e mandat.La tension politique entre Kabila et Tshisekedi risque de grimper. Samuel Dzama
Gorilles de montagne : l’Ouganda protége ses géants face à Ebola

En Ouganda, les défenseurs de l’environnement protègent les gorilles de montagne.Ces gorilles partagent plus de 98% de leur ADN avec les humains.Cette grande ressemblance les rend fragiles face aux maladies humaines comme Ebola.Bonne nouvelle : en Ouganda, aucun gorille de montagne n’a encore attrapé Ebola. Gladys Kalema-Zikusoka, vétérinaire : “Nous vivons une période très critique à cause d’Ebola”.Ebola peut passer des humains aux animaux sauvages, et inversement.Les gorilles de Bwindi n’ont jamais eu Ebola, heureusement.Dans la forêt, Ebola tue les animaux très vite, en quelques jours seulement. “Les gorilles ne sont pas à l’origine d’Ebola. On ne sait pas d’où vient le virus”, explique Gladys.Mais au Gabon et au Congo-Brazzaville, plus de 5 000 gorilles des plaines sont morts d’Ebola en 30 ans.Les scientifiques soupçonnent les chauves-souris qui mangent des fruits.On a prouvé que ces chauves-souris donnent le virus Marburg, mais pas encore Ebola. L’ONG “Conservation Through Public Health” a donné du matériel à l’office de la faune ougandaise.James Musinguzi, directeur : “C’est du matériel essentiel maintenant”.Ils vont utiliser : des thermomètres pour prendre la température des visiteurs et animaux, des vêtements de pluie pour les gardes, des téléphones pour suivre les données.Objectif : mettre en place une surveillance de santé sérieuse pour les gorilles et les touristes dans la forêt de Bwindi. L’Ouganda a presque la moitié des gorilles de montagne du monde, surtout à Bwindi.Africa CDC dit que cette épidémie Ebola en RDC et Ouganda est la pire du 1er mois de son histoire.Il y aurait jusqu’à 35 000 personnes à surveiller comme contacts possibles.894 cas confirmés et 204 morts à ce jour.C’est 3 fois plus grave qu’en 2000 en Ouganda, au même moment.Le vrai nombre de cas est peut-être plus élevé, car l’épidémie n’a été confirmée que le 15 mai. Les gorilles ne donnent pas Ebola aux humains. Mais ils peuvent l’attraper.L’Ouganda protège ses gorilles comme il protège ses habitants : avec des tests et de la surveillance.Car sauver les gorilles, c’est aussi protéger les humains. Samuel Dzama
Supercalculateur la chine frappe fort : 2 quintillions de calculs/seconde, pour quoi faire ?

2 quintillions = 2 000 000 000 000 000 000 calculs par seconde. C’est énorme.Pour Rogier Creemers, ce classement “fait surtout de beaux titres dans les journaux”.Mais cette puissance sert vraiment : pendant que ton téléphone fait 1 calcul, lui en fait 2 quintillions.C’est comme si 1 milliard d’ordinateurs travaillaient ensemble en même temps. Mathilde Velliet de l’Ifri dit : “Les supercalculateurs sont très utiles pour la science”.Avec 2 quintillions/seconde, on peut calculer la météo pour chaque petit carré de 1 km.On prévoit mieux les cyclones, les inondations et les sécheresses 10 jours à l’avance.On peut aussi voir l’effet du réchauffement sur 50 ans pour mieux préparer l’avenir.Sans cette puissance, les prévisions restent imprécises et on décide trop tard. Le supercalculateur regarde comment les molécules bougent, en 3D et en direct.Avant : il fallait 10 ans pour trouver un nouveau médicament.Avec lui : on teste des millions de molécules en quelques semaines seulement.Il montre comment un virus attaque nos cellules, une par une.Ça aide à lutter contre le cancer, Alzheimer, et les nouvelles maladies.Rafael Lemaitre de Sia Partners dit : “Quand un problème est très compliqué, on utilise les supercalculateurs”. Il aide à créer la fusion nucléaire : une énergie propre, sans limite, comme le soleil.Il rend les batteries de voitures électriques meilleures : plus d’autonomie, charge plus rapide.Il teste des matériaux très solides pour les avions et fusées, sans faire de vrais essais.Il améliore la forme des avions et TGV pour qu’ils consomment moins.Résultat : on gagne du temps, de l’argent, et on pollue moins. Avoir 2 quintillions/seconde, c’est ne plus compter sur les autres pays pour la science.La Chine l’utilise pour la météo, l’armée, l’espace, et l’intelligence artificielle.Celui qui a la plus grande puissance de calcul a les meilleures réponses aux gros problèmes.Comme le dit Velliet, il sert à “calculer des choses physiques très compliquées” que personne d’autre ne peut faire.C’est donc un outil stratégique pour le pays, pas juste un record. 2 quintillions/seconde ne sert pas à rendre TikTok plus rapide.Ça sert à sauver des vies, prévoir le temps, et inventer l’énergie du futur.Le public ne le voit pas, mais c’est vital pour l’avenir de la Chine. Samuel Dzama
Ebola : 1er cas en France, mais l’OMS rassure – Le risque mondial reste faible

La France a annoncé mercredi son premier cas confirmé d’Ebola sur son territoire.C’est le 1er cas de fièvre hémorragique mortelle identifié hors d’Afrique depuis le début de l’épidémie actuelle.Le patient est un médecin qui travaillait pour ALIMA, l’Alliance pour l’action médicale internationale.Il revenait d’un voyage en RDC, foyer de la 17e épidémie déclarée le 15 mai dans l’Ituri.Des efforts sont en cours pour identifier tous ses contacts potentiels. Tedros Adhanom Ghebreyesus, DG de l’OMS, est clair : “Le risque mondial reste faible”.“Chaque fois qu’un cas est signalé en Europe, j’observe une réaction excessive. Mais elle n’est pas nécessaire”.Chiffre clé : En 50 ans, moins de 30 cas détectés hors d’Afrique, 3-0.Il y a des milliers de cas en Afrique, mais moins de 30 dans le reste du monde depuis 1970.Donc statistiquement, le risque de propagation mondiale est très limité. Contrairement à la grippe ou au Covid, Ebola ne se transmet pas par l’air.Il faut un contact direct avec le sang, les sécrétions ou les liquides biologiques d’un malade symptomatique.Un patient au stade initial est peu contagieux. La contagion augmente quand les symptômes s’aggravent.Avec les protocoles hospitaliers actuels en France, la chaîne de transmission est coupable rapidement.D’où la consigne de l’OMS : rassurer, mais tracer les contacts sans délai. Après l’épidémie en Afrique de l’Ouest, les pays ont renforcé leurs dispositifs.L’OMS conseille aux pays de faciliter le déploiement sécurisé du personnel médical.Ça passe par 3 points : info claire sur les risques, formation pour réduire l’exposition, évacuation prête si besoin.Les hôpitaux français ont des unités d’isolement de niveau 4 et du personnel entraîné.Le médecin d’ALIMA a été pris en charge selon ces protocoles stricts. La 17e épidémie en RDC a été déclarée le 15 mai après plusieurs décès inexpliqués en Ituri.L’Ituri est une province riche en minerais mais instable, avec des groupes armés.C’est là que se concentrent des milliers de cas et l’essentiel du risque.La priorité de l’OMS : sécuriser les équipes sur place et couper la transmission à la source.Un cas exporté est un signal d’alerte, pas une menace d’épidémie mondiale. 1 cas en France vigilance maximale, pas panique.L’OMS martèle : “Il n’y a pas lieu de paniquer. Le risque pour le reste du monde est faible”.Le combat se gagne en RDC, pas dans les aéroports européens. Samuel Dzama
Accord commercial UE–USA : feu vert des 27 avant l’ultimatum de Trump

Les 27 pays membres de l’Union européenne ont donné jeudi leur feu vert formel à l’accord commercial négocié l’an dernier avec les États‑Unis. Ce texte, longtemps discuté, va pouvoir entrer en vigueur avant le 4 juillet, date butoir fixée par le président américain Donald Trump. L’ultimatum de Trump avait placé Bruxelles sous une forte pression diplomatique. En validant l’accord avant cette échéance symbolique, l’UE évite une confrontation directe avec Washington et ouvre la voie à une nouvelle phase de coopération économique transatlantique. Au‑delà des aspects commerciaux, ce feu vert est interprété comme un signal politique : l’Europe choisit de consolider ses liens avec les États‑Unis malgré les tensions récentes. Les négociations avaient été marquées par des divergences sur les normes industrielles et les subventions agricoles, mais un compromis a finalement été trouvé. L’accord doit désormais être ratifié par le Congrès américain, mais son entrée en vigueur anticipée avant le 4 juillet constitue déjà une victoire diplomatique pour Trump, qui avait menacé de sanctions en cas de retard. Jimmy MUKENDI T.
Procès historique à la Haute Cour militaire : le général Christian Tshiwewe et ses co‑prévenus face à neuf chefs d’accusation

La Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo (RDC), située dans la commune de Gombe, s’apprête à accueillir ce jeudi la poursuite du procès opposant l’Auditeur général, ministère public près la Haute Cour militaire, au général d’armée Christian Tshiwewe et neuf autres co‑prévenus. Parmi les prévenus figurent des hauts gradés de l’armée congolaise, dont l’ancien chef d’état‑major général des FARDC, le général d’armée John Numbi (en fuite), le général‑major Maurice Nyembo, les généraux de brigade Chinyabuuma Kamukinde, John Ngoy wa Kabila, John Sangwa, ainsi que les colonels Guy Mukombozi, Pathy Sangwa, Christophe Tshinabo (en fuite) et Pascal Nyembo (également en fuite). Neuf infractions retenues.Le ministère public reproche aux accusés une série de crimes graves : Ce procès, qui met en cause des officiers supérieurs de l’armée congolaise, est suivi de près par l’opinion nationale et internationale. Les enjeux dépassent le cadre judiciaire : il s’agit d’une épreuve de vérité pour l’institution militaire et pour la crédibilité de la justice congolaise. Jimmy MUKENDI T.