New York, Le 5 septembre 2026 Dernier. L’Assemblée générale des Nations Unies a voté vendredi une résolution historique pour corriger l’une des plus vieilles distorsions visuelles de l’histoire moderne : la carte du monde.
Intitulée « Corriger la carte », la résolution portée par le Togo et l’Union africaine, et coparrainée par la France, a été adoptée à une écrasante majorité : 164 voix pour, une seule contre, celle des États-Unis, et six abstentions.
Depuis 1569, la projection de Gerardus Mercator, cartographe flamand, domine les salles de classe, les médias et les institutions internationales. Conçue pour la navigation maritime, elle permettait aux marins de tracer leur cap en ligne droite. Mais son défaut est majeur : plus on s’éloigne de l’équateur, plus les territoires paraissent grands.
Résultat : le Groenland (2,16 millions de km2) semble aussi vaste que l’Afrique (30,3 millions de km2), l’Europe et la Russie paraissent démesurées, tandis que l’Afrique, l’Amérique latine et l’Asie du Sud sont visuellement rétrécies.
« Les cartes façonnent notre compréhension du monde. Elles orientent l’éducation, nourrissent l’imaginaire et influencent les perceptions collectives. Elles ne sont donc jamais neutres », a déclaré à la tribune le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey.
Le texte onusien invite les États, les écoles, les organisations internationales et les géants du numérique à privilégier la projection « Equal Earth », créée en 2018 par Bojan Savric, Tom Patterson et Bernhard Jenny. Contrairement à Mercator, elle respecte les superficies relatives tout en limitant la déformation des contours.
Sans être contraignante, la résolution fixe une nouvelle norme pour l’enseignement, la communication publique et les rapports internationaux.
Au-delà de la technique, le vote est éminemment politique. Pour l’Union africaine, il s’agit d’un « acte de justice cognitive et de réparation mémorielle », dans le cadre plus large des débats sur les réparations liées à l’esclavage et à la colonisation.
Lomé mène campagne depuis des mois pour inscrire ce sujet à l’ordre du jour de la 81e session de l’Assemblée générale prévue du 22 au 28 septembre à New York. Le texte initial, jugé trop frontal sur les « injustices historiques », a dû être adouci pour obtenir un consensus.
Seuls les États-Unis ont voté contre, six pays d’Europe de l’Est se sont abstenus.
Aucun atlas ne sera saisi. Mais l’ONU espère une bascule progressive : manuels scolaires, agences onusiennes, médias, plateformes numériques. L’objectif affiché est simple : que les futures générations voient enfin le monde tel qu’il est, et non tel que la navigation du XVIe siècle l’a dessiné.
Samuel Dzama







