Patrick Muyaya : « Interdire TikTok, c’est pénaliser ceux qui l’utilisent intelligemment »

■ Une position nuancée sur la régulation numérique. Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, s’est exprimé sur la polémique entourant une éventuelle interdiction de TikTok en RDC. Défendant une approche différente, il a rappelé que le président Félix Tshisekedi et son gouvernement ont fait « le choix de la démocratie ». « Si nous décidons d’interdire TikTok, nous pénaliserons ceux qui utilisent TikTok de manière intelligente », a déclaré le ministre. ■ Liberté d’expression et responsabilité numérique. Cette prise de position relance le débat sur la liberté d’expression, la responsabilité numérique et la régulation des réseaux sociaux. Faut‑il interdire TikTok pour lutter contre les abus, ou plutôt renforcer la réglementation afin de sanctionner les comportements illégaux tout en préservant les usages positifs ? ■ Un débat de société. La question dépasse le seul cas de TikTok : elle interroge la capacité de l’État congolais à encadrer les plateformes numériques sans restreindre les droits fondamentaux. Entre la lutte contre les dérives (insultes, désinformation, cybercriminalité) et la valorisation des usages créatifs (éducation, entrepreneuriat, communication), le dilemme reste entier. Jimmy MUKENDI T.
Patrick Muyaya : « La jeunesse congolaise doit transformer les accords RDC–USA en opportunités concrètes »

■ Un panel au cœur de La Semaine de l’Étudiant. Le Ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, a animé ce jeudi 13 août un panel à Silikin Village dans le cadre de La Semaine de l’Étudiant. Le thème retenu – « Partenariat RDC–USA : Quelles opportunités de carrière professionnelle pour la jeunesse congolaise ? » – a placé la jeunesse au centre des échanges. ■ Des accords bilatéraux porteurs d’avenir. Rappelant l’histoire de la coopération entre la RDC et les États-Unis depuis 1960, le Ministre a souligné l’importance des accords conclus à Washington le 27 juin 2025 par la Ministre des Affaires étrangères, Thérèse Wagner Kayikwamba, puis entérinés le 4 décembre 2025 par le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo et son homologue rwandais Paul Kagame, en présence du Président américain Donald Trump. ■ Compétences et métiers du futur. Le Ministre a mis en lumière les mutations du marché du travail mondial : compétences numériques, communication, innovation, maîtrise de l’anglais et capacité à évoluer dans un environnement globalisé. Il a encouragé les étudiants à saisir les opportunités offertes par les programmes de bourses, les échanges universitaires, les stages de recherche et les formations certifiantes. ■ Entrepreneuriat et innovation. Patrick Muyaya a rappelé que le Gouvernement soutient la modernisation de l’écosystème médiatique congolais et a insisté sur l’importance de l’innovation dans des secteurs tels que l’agritech, la fintech, les médias numériques, le tourisme, la musique, le cinéma, l’éducation en ligne et l’économie verte. ■ Trois messages clés. Aux étudiants, le Ministre a transmis trois messages essentiels : ■ Une vision présidentielle. Inscrivant son intervention dans la vision du Chef de l’État, Patrick Muyaya a rappelé que le Président Félix Tshisekedi place la jeunesse au centre de son action, tandis que le Gouvernement dirigé par la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka poursuit les réformes pour améliorer l’accès des jeunes à l’éducation, à l’emploi, au numérique et à l’entrepreneuriat. ■ Un appel à l’excellence. Clôturant son exposé, le Ministre a exhorté les étudiants à anticiper les mutations du monde et à investir dans leurs compétences : « Préparez-vous dès aujourd’hui aux métiers de demain. Investissez dans vos compétences. Développez votre curiosité intellectuelle. Maîtrisez les technologies émergentes. Osez entreprendre. Et surtout, gardez à l’esprit que votre réussite individuelle doit contribuer à la grandeur collective de la RDC », a-t-il conclu. Jimmy MUKENDI T.
Grands Lacs : l’ICG salue la signature d’un protocole de désarmement par une faction du FDLR

■ Un pas vers le désarmement. Le Groupe international de contact (ICG) pour la région des Grands Lacs – composé des États‑Unis, de la Belgique, du Canada, du Danemark, de l’Union européenne, de la France, des Pays‑Bas, de la Suède, de la Suisse et du Royaume‑Uni – a annoncé qu’une faction du FDLR a officiellement accepté et signé un protocole portant sur son désarmement, son désengagement et son cantonnement. Le gouvernement de la RDC avait confirmé cette avancée le même jour, marquant une étape importante dans la mise en œuvre des Accords de Washington. ■ Lutte contre l’impunité et rôle de la MONUSCO. L’ICG insiste sur la nécessité pour Kinshasa de mettre en œuvre ce protocole, notamment en clarifiant les mécanismes de lutte contre l’impunité. Le groupe encourage une collaboration étroite avec la MONUSCO, considérée comme partenaire clé dans l’application des engagements pris. Toute coopération opérationnelle avec des éléments du FDLR serait, selon l’ICG, en contradiction directe avec les engagements des Accords de Washington. ■ Médiation et confiance entre parties. L’ICG se dit prêt à accompagner les prochaines étapes concrètes de la RDC et du Rwanda, ainsi que les efforts de médiation de l’Union européenne. Il rappelle aux parties leur obligation de protéger les civils et de respecter les résolutions du Conseil de sécurité 2773 et 2808, incluant la souveraineté et l’intégrité territoriale. Le groupe salue également l’accord d’échange de prisonniers entre la RDC et l’AFC/M23, facilité par le CICR, comme une mesure essentielle de renforcement de la confiance. ■ Appel au respect du droit humanitaire. Enfin, l’ICG exhorte toutes les parties à respecter le droit humanitaire international et à garantir un accès humanitaire complet, sûr et sans entrave, afin que l’aide parvienne aux populations les plus vulnérables. Jimmy MUKENDI T.
Référendum : Augustin Kabuya mobilise la base de l’UDPS et recadre ses détracteurs

■ La Cour constitutionnelle a déjà tranché. Le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, s’est exprimé ce jeudi à Kinshasa sur la loi relative au référendum. Selon lui, la Cour constitutionnelle a déjà rendu sa décision, et il appelle la base du parti présidentiel à se préparer pour la suite politique. ■ « Aucun membre de l’UDPS n’est voleur » Dans un ton ferme, Kabuya a rejeté les accusations portées contre son parti : « Aucun membre de l’UDPS n’est voleur ni brigand. Ceux qui volent, agressent et rançonnent les gens ne sont pas de l’UDPS, encore moins de la Force du progrès », a-t-il déclaré. Cette sortie vise à défendre l’image du parti face aux critiques récurrentes sur la gouvernance et la moralité de ses cadres. ■ Mise au point sur ses propos. Répondant aux polémiques suscitées par ses précédentes déclarations, Kabuya a clarifié : « L’UDPS n’a pas échoué. Nous enregistrons beaucoup de réalisations avec Fatshi qu’avant. Les anciens de la mouvance aujourd’hui à l’Union Sacrée tordent mes propos en faisant croire aux gens que j’avais accepté notre échec partagé. Je n’ai pas dit ça. Même certains supposés professeurs d’université, en manquent de moralité, déforment avec haine mes propos. » Il accuse ses détracteurs de manipuler ses paroles pour fragiliser l’unité du parti. ■ La presse interpellée. Augustin Kabuya a également adressé un message direct aux médias : « La Presse, vous avez une mission pédagogique, celle de relever la vérité là où il est souhaitable de la dire. Vous ne venez pas à une fête de mariage ni à un anniversaire, mais pour relayer les informations. Nous ne vous intimidons pas. Par ailleurs, nous appelons à dire les faits. » Par cette interpellation, il insiste sur le rôle de la presse comme vecteur de vérité et non d’instrumentalisation. Jimmy MUKENDI T.
Fermer TikTok ne résout rien : le vrai problème est ailleurs

■ Une décision symptomatique mais inefficace. La récente décision du CSAC de menacer la fermeture de TikTok en République démocratique du Congo est présentée comme une mesure de régulation face aux dérives verbales et aux contenus jugés nuisibles. Mais en réalité, cette fermeture ne s’attaque pas aux racines du problème. Les réseaux sociaux ne disparaîtront pas : YouTube, Facebook, X, WhatsApp et bien d’autres continueront d’exister et d’être utilisés par des millions de Congolais. ■ Le vrai problème : la gouvernance. Ce ne sont pas les influenceurs qui décident des orientations politiques ou institutionnelles. Ils ne participent pas aux réunions stratégiques de l’État. Le véritable défi réside dans la qualité des dirigeants, dans le mode de recrutement et dans l’accès aux postes de responsabilité. Tant que ces mécanismes resteront opaques et clientélistes, les réseaux sociaux ne seront qu’un miroir grossissant des failles de la gouvernance. ■ La force de la loi, pas la censure numérique. Le pouvoir ne se gagne pas en censurant une application. Il se construit dans la rue, par la légitimité populaire, et dans la loi, par l’autorité de l’État. Les arrestations arbitraires, la destruction des maisons, la répression des activités informelles, les taxes numériques et maintenant la fermeture de TikTok ne font qu’accentuer le sentiment d’injustice. Trop, c’est trop. ■ TikTok, un espace économique et social. Au‑delà des polémiques, TikTok est aussi un espace de créativité et de développement économique. De nombreux jeunes y bâtissent des business informels, y trouvent une visibilité et y génèrent des revenus. Fermer cette plateforme, c’est fragiliser davantage une jeunesse déjà marginalisée dans les institutions. ■ Conclusion : un faux problème, une vraie crise. Fermer TikTok ne résout rien. Le problème n’est pas l’outil, mais l’usage que l’on en fait et surtout la qualité de ceux qui gouvernent. Plutôt que de chercher des boucs émissaires numériques, il est urgent de réformer les pratiques politiques, de renforcer l’éducation citoyenne et de restaurer la confiance entre l’État et sa jeunesse. Jimmy MUKENDI T.
TRANSFORME : Justin Kalumba lance la première cohorte COPA NE

■ Une nouvelle étape pour l’entrepreneuriat congolais. Le ministre de l’Entrepreneuriat et Développement des PME, Justin Kalumba Mwana‑Ngongo, a présidé ce mercredi à Kinshasa la cérémonie officielle de lancement de la première cohorte COPA NE du projet TRANSFORME. À cette occasion, une remise symbolique des subventions a été effectuée en faveur des lauréats. Au total, 2 546 nouvelles entreprises bénéficieront chacune d’une subvention moyenne de 11 000 USD, réparties dans 11 localités et villes du pays. Près de 800 entreprises sont basées dans la capitale. ■ L’entrepreneuriat féminin au cœur du programme. Fait marquant : 60 % des entreprises bénéficiaires appartiennent aux femmes, confirmant la volonté du Gouvernement de renforcer l’entrepreneuriat féminin. Cette orientation s’inscrit dans la continuité du programme Mwasi ya Molende, lancé le 31 mars 2026 par le Président Félix‑Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui avait permis à 21 256 femmes de recevoir des équipements et un appui financier pour leur fonds de roulement. ■ De la subvention à la richesse durable. Le ministre Kalumba a insisté sur la nécessité de considérer cette subvention comme un levier de croissance et non comme une assistance permanente. L’ambition affichée est claire : intégrer progressivement les bénéficiaires dans les circuits financiers classiques et les chaînes de valeur. ■ Une dynamique nationale. Avec 238 531 candidatures reçues, le programme COPA NE illustre l’ampleur de la demande et la vitalité de l’entrepreneuriat congolais. Au‑delà de l’appui financier, l’objectif est de faire émerger des entreprises viables, compétitives et capables de créer durablement des emplois. Jimmy MUKENDI T.
70 % mais invisibles : le plaidoyer de Grâce Émie Kutino pour un quota jeunesse

■ Une adresse directe au Chef de l’État. Au terme de la marche populaire organisée à Kinshasa, la ministre de la Jeunesse et de l’Éveil patriotique, Grâce Émie Kutino, a pris la parole pour adresser un message solennel au Président de la République, Félix‑Antoine Tshisekedi Tshilombo. ■ Le cri d’une génération. Dans son intervention, Grâce Émie Kutino a insisté sur la nécessité d’un quota jeunesse dans toutes les sphères de prise de décision de la République démocratique du Congo. Elle a rappelé que la jeunesse congolaise constitue la majorité démographique du pays, mais reste marginalisée dans les instances de gouvernance. ■ Un message porteur d’avenir. Ce discours, prononcé le jour symbolique de la Journée internationale de la Jeunesse, s’inscrit dans la dynamique de mobilisation citoyenne en faveur de la révision constitutionnelle et de la refondation de l’État. Il traduit une volonté de transformer l’énergie populaire en revendication institutionnelle, en plaçant la jeunesse au cœur du processus décisionnel. Jimmy MUKENDI T.
Le Dialogue fait déjà l’unanimité : la question n’est pas « faut‑il dialoguer ? » mais « comment dialoguer ? ».

■ Un consensus sur le principe, une fracture sur le format. Dans la République démocratique du Congo, l’idée d’un Dialogue national ne fait plus débat. Les mobilisations populaires (« Oui, je le veux »), les libérations de prisonniers de l’AFC‑M23, les retours de figures politiques jadis marginalisées, et les consultations menées par le président Félix Tshisekedi avec les Églises et des personnalités influentes traduisent une volonté partagée de pacification et de refondation. Mais si le principe est acquis, le format reste disputé. Les réserves de la Cenco et ECC, les divergences au sein de l’opposition (Fayulu en Europe pour convaincre les radicaux, Kabund courtisé par Washington, Brazzaville en quête de légitimité) montrent que la vraie question est désormais : « comment dialoguer ? ». ■ Les points de friction. ■ Une voie possible pour l’inclusivité. Pour dépasser ces blocages, une architecture inclusive pourrait reposer sur quatre piliers : ■ Vers un Dialogue lisible et souverain. Le Dialogue est une exigence historique pour la RDC. Mais il ne peut réussir que s’il est lisible, inclusif et souverain. La multiplication des pré‑dialogues et des formats concurrents risque de diluer la confiance. La voie de l’inclusivité passe par une convocation présidentielle forte, un comité pluraliste, une médiation équilibrée et un agenda clair. Selon Jeune Afrique, Félix Tshisekedi a réuni le 8 août des représentants des Églises, Anthony Nkinzo, Patrick Muyaya et Fortunat Biselele, aux côtés d’une commission discrète associant Jean‑Charles Okoto, Adolphe Lumanu, abbé Théo, Wivine Moleka et Samy Badibanga. Un projet de dialogue baptisé « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État » est déjà sur la table. Jimmy MUKENDI T.
Révision constitutionnelle : Grâce Émie Kutino mobilise une marée humaine sous le slogan « Oui, je le veux »

■ Une démonstration de force dans les rues. Ce mercredi 12 août, Kinshasa a vibré au rythme d’une mobilisation impressionnante. Des milliers de jeunes vêtus de rouge et de blanc ont envahi les artères de la capitale, scandant le slogan « Oui, je le veux ». Cette marche, initiée par la ministre de la Jeunesse et de l’Éveil patriotique, Grâce Émie Kutino, visait à afficher le soutien populaire à la révision de la Constitution. ■ La jeunesse en première ligne. Partis de la 1ère Rue de Limete pour rejoindre le Centre culturel, les manifestants ont exprimé leur volonté de voir leurs aspirations intégrées dans le texte fondamental. Pour eux, la révision constitutionnelle représente une opportunité de faire entendre la voix d’une génération en quête de reconnaissance et de participation active à la gouvernance du pays. ■ Un débat qui divise. Si cette démonstration de force traduit l’adhésion d’une partie de la jeunesse congolaise, elle intervient dans un contexte marqué par des divergences profondes. La société civile et plusieurs acteurs politiques dénoncent une tentative de manipulation et craignent que cette réforme ne serve des intérêts partisans. Les partisans de Kutino, eux, insistent sur la nécessité d’adapter la Constitution aux réalités actuelles de la République démocratique du Congo. Jimmy MUKENDI T.
Félix Tshisekedi lance les travaux du boulevard « Étienne Tshisekedi » au cœur de la capitale

Le Président de la République démocratique du Congo, Félix‑Antoine Tshisekedi Tshilombo, est arrivé ce mardi 11 août au croisement du boulevard Triomphal et de l’avenue de la Libération (ex‑24 Novembre), à Kinshasa. C’est à ce carrefour stratégique que le chef de l’État a donné le coup d’envoi des travaux de construction du futur boulevard Étienne Tshisekedi, baptisé en hommage à son père, figure historique de l’opposition congolaise. ■ Une infrastructure pour moderniser Kinshasa. Ce projet s’inscrit dans la volonté du gouvernement de moderniser les grandes artères de la capitale et de fluidifier la circulation dans un espace urbain en constante expansion. Le boulevard « Étienne Tshisekedi » devrait devenir un axe majeur reliant les quartiers centraux, tout en portant une forte charge mémorielle et politique. ■ Mémoire et développement. Au‑delà de l’aspect technique, cette initiative traduit la volonté du Président Tshisekedi de conjuguer mémoire nationale et développement urbain. En inscrivant le nom de son père dans le paysage de Kinshasa, il entend rappeler l’héritage politique tout en projetant la capitale vers une modernité attendue par ses habitants. Jimmy MUKENDI T.