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Procès militaire Rebo : zones d’ombre, reports suspects et verdict attendu sous haute surveillance

Le procès de la chanteuse congolaise Rebo Tchulo, ouvert le 28 mai 2026 devant le Tribunal militaire de Kinshasa‑Ngaliema, s’est progressivement transformé en un théâtre judiciaire où la vérité semble étouffée par les interférences et les pressions. Entre reports d’audiences, contradictions dans les réquisitions et tension palpable entre juges, avocats et prévenue, ce dossier emblématique illustre les fragilités de la justice congolaise lorsqu’elle se retrouve sous les projecteurs médiatiques. À la veille du verdict attendu le 27 août 2026, l’opinion publique s’interroge : la justice militaire dira‑t‑elle le droit, ou cédera‑t‑elle aux influences qui ont jalonné ce procès hors norme ? Beaucoup d’observateurs et une partie de l’opinion publique estiment que le procès Rebo Tchulo est entouré de zones d’ombre et de possibles interférences. ■ Les points qui alimentent le soupçon de manipulation. ■ Ce que cela révèleLe procès illustre les tensions entre : ■ Chronologie complète du procès Rebo Tchulo ■ 17–18 avril 2026 : les faits à l’origine. ■ 28 mai 2026 : ouverture du procès. ■ 4 juin 2026 : première comparution. ■ 11 juin 2026 : témoignages. ■ 25 juin 2026 : interrogatoire et expertise téléphonique. ■ 23 juillet 2026 : reprise des débats. ■ 7 août 2026 : réquisitions du ministère public. ■ 10 août 2026 : clôture des débats. ■ Enjeux du verdict attendu Jimmy MUKENDI T.

Lourenço et Tshisekedi scellent un investissement stratégique de 1,258 milliard USD pour le corridor de Lobito

■ Un contrat de concession historique. En visite officielle à Kinshasa ce mercredi, le Président angolais João Lourenço et son homologue congolais Félix‑Antoine Tshisekedi Tshilombo ont annoncé la signature d’un contrat de concession pour la ligne ferroviaire Dilolo–Sakania, axe majeur du tronçon congolais du corridor de Lobito. Longue de près de 1 445 km, cette ligne relie des pôles stratégiques tels que Kolwezi, Tenke et Lubumbashi, cœur de l’activité minière et industrielle du Katanga. ■ Un investissement de 1,258 milliard USD. Le projet, évalué à 1,258 milliard de dollars, couvre les études techniques, la réhabilitation, la modernisation et l’exploitation de l’infrastructure ferroviaire.Cet engagement financier traduit la volonté des deux États de renforcer le transport ferroviaire et de stimuler les échanges commerciaux dans la région. ■ Intégration économique régionale. Au‑delà de l’aspect logistique, ce corridor est présenté comme un levier d’intégration économique entre la RDC, l’Angola et les pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).Il permettra de : ■ Un symbole de coopération bilatérale. La visite du Président Lourenço à Kinshasa illustre une coopération stratégique entre les deux pays voisins.Pour Félix Tshisekedi, ce projet s’inscrit dans la matérialisation de ses engagements visant à moderniser les infrastructures, améliorer la mobilité et soutenir la croissance économique nationale. Jimmy MUKENDI T.

Marc Ekila Likombo : un an de redevabilité au ministère de la Formation professionnelle

■ Repeupler le capital humain, une urgence nationaleFace aux micros de la RTNC, le ministre de la Formation professionnelle, Marc Ekila Likombo, a dressé le bilan de son action dans le cadre de l’an 1 du Gouvernement Suminwa II. Son constat est clair : l’inadéquation entre emploi et formation demeure un frein majeur. « La main‑d’œuvre congolaise n’est pas qualifiée », a‑t‑il déploré, appelant à une refondation du capital humain. ■ Un document stratégique : “145 territoires de la formation professionnelle” Pour la première fois, un document de politique nationale sur dix ans a été élaboré. Il recense les métiers à développer dans les 145 territoires, avec pour objectif de retenir les jeunes dans leurs communautés et de bâtir des centres publics de formation à travers la République. ■ Le défi des mines et la main‑d’œuvre étrangère. Le secteur minier reste dominé par des travailleurs venus d’Afrique australe et de la Corne de l’Afrique. Pour inverser la tendance, le ministère a inauguré, en partenariat avec la commune de Dilala (Lualaba) et HP, le premier centre public moderne. Des centres privés et ceux des sociétés minières sont désormais agréés et suivis par l’administration. ■ Former les familles des militaires et policiers. Plus de 7 000 dépendants de militaires et policiers ont été formés. Une priorité dictée par le Chef de l’État afin de soutenir ceux qui défendent l’intégrité territoriale. ■ Entrepreneuriat et insertion des jeunes. Le centre de Mombele, déjà opérationnel, a permis de former et accompagner près de 800 jeunes dans l’entrepreneuriat. Une nouvelle approche qui combine formation et accompagnement pour favoriser l’insertion professionnelle. ■ Certification et valorisation des acquis de l’expérience. Le ministère a instauré un système de certification des compétences et de valorisation des acquis. Plus de 22 000 personnes se sont inscrites pour faire reconnaître leurs savoir‑faire auprès de jurys présidés par les employeurs (FEC, ANEP). ■ Académie des métiers portuaires et nouvelles filières. Au‑delà des centres, des académies et écoles technologiques ont été créées pour intégrer le numérique, l’IA, l’ingénierie, la transition écologique et les métiers verts. À Matadi, une première cohorte de 40 jeunes suit une formation sur les métiers portuaires en partenariat avec MGT. ■ Un ministère en quête de crédibilité. En un an, Marc Ekila Likombo a posé les bases d’une politique nationale ambitieuse : professionnaliser les métiers, certifier les compétences et bâtir une main‑d’œuvre congolaise capable de répondre aux défis économiques et sociaux. Jimmy MUKENDI T.

Félix Tshisekedi lance le balisage du fleuve Congo et de la rivière Kasaï

■ Une étape stratégique pour la navigation nationale. Ce mardi, au port de l’ONATRA, le Président de la République, Félix‑Antoine Tshisekedi Tshilombo, a officiellement donné le coup d’envoi du balisage du fleuve Congo et de la rivière Kasaï. Cette opération constitue une avancée majeure dans la matérialisation de ses engagements visant à améliorer l’accès aux services sociaux de base et la qualité des services publics. ■ Sécuriser la mobilité fluviale. Après un défilé nautique, le Chef de l’État a remis aux commandants des baliseurs « l’ordre de marche » autorisant le démarrage des travaux. Ces opérations visent à sécuriser la navigation et à faciliter le transport des personnes et des marchandises sur l’ensemble du réseau hydrographique national. Le Vice‑Premier ministre en charge des Transports et Voies de communication, Jean‑Pierre Bemba, a souligné :« Notre ambition ultime est claire : garantir une mobilité fluide et sécurisée sur toute l’étendue du réseau hydrographique national. » ■ Modernisation des équipements. La cérémonie a également été marquée par plusieurs remises symboliques : ■ Vers une intégration des réseaux de transport. Ce lancement du balisage s’inscrit dans une stratégie plus large de réhabilitation des infrastructures de transport en RDC. En combinant les voies fluviales, ferroviaires et routières, le gouvernement entend renforcer la connectivité nationale, stimuler le commerce intérieur et améliorer la vie quotidienne des citoyens. Jimmy MUKENDI T.

« Ces années‑là » :Werrason laisse Jamaïque manquer de respect à Bill Clinton lors d’une kermesse

■ Un incident qui choque les mélomanes. Bandalungwa, haut lieu de la culture populaire kinoise, a été le théâtre d’un épisode pour le moins surprenant. Lors d’une kermesse animée par Werrason, figure emblématique de la musique congolaise, l’artiste Jamaïque s’est permis des propos jugés irrespectueux envers l’ancien animateur du groupe Wenge Maison Mère, Didier Kalonji alias Bill Clinton. ■ Une scène inattendue. Alors que le public vibrait au rythme des animations de Bill Clinton, l’actuel animateur Jamaïque a lancé une pique, insinuant que « ces années‑là » appartiennent désormais au passé. Cette remarque a suscité la stupeur. En réaction, Bill Clinton a jeté son micro vers le public. L’absence de réaction immédiate de Werrason, pourtant maître de scène, a été interprétée par certains comme une tolérance implicite. ■ Réactions et interprétations. ■ Un enjeu d’image. Cet épisode soulève une question centrale : la responsabilité des artistes dans la gestion de leurs scènes. Dans un pays où la musique est un vecteur de rayonnement culturel, chaque geste ou parole peut avoir un impact symbolique. Jimmy MUKENDI T.

Kasaï : Le Gouverneur Crispin Mukendi satisfait des travaux du pont Kaluebo et autorise son utilisation avant inauguration

De retour à Tshikapa après un séjour officiel à l’étranger et à Kinshasa, le Gouverneur du Kasaï, Crispin Mukendi Bukasa, s’est rendu dimanche 23 août 2026 sur le chantier du pont Kaluebo, qui relie les provinces du Kasaï et du Kasaï Central. Accompagné d’une importante délégation de la Présidence de la République, le Chef de l’Exécutif Provincial est allé s’enquérir de l’état d’avancement et de la qualité des travaux réalisés par l’entreprise Arab Contractors. Sur place, il s’est dit pleinement satisfait et optimiste quant à l’inauguration prochaine de l’ouvrage par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi. « Je suis très satisfait des travaux aujourd’hui. La construction de ce pont prouve que le Chef de l’État Félix Tshisekedi accorde une attention particulière au peuple du Kasaï. Il écoute nos cris. Vous connaissez l’état de l’ancien pont qui s’y trouvait et le nombre de cas d’accidents enregistrés. Avoir ce pont aujourd’hui, nous ne pouvons que dire merci au Chef de l’État », a-t-il déclaré. Ouverture anticipée pour éviter les accidents. Face au danger que représente l’ancien pont, le Gouverneur a pris une décision forte : autoriser dès maintenant le passage sur le nouveau pont, en attendant son inauguration officielle. « Pour éviter les différents cas d’accidents qui sont enregistrés, les usagers doivent déjà utiliser ce nouveau pont, mais dans le strict respect du tonnage autorisé, parce qu’il reste encore quelques travaux de finition. Cette décision vise à assurer la sécurité de notre population », a-t-il expliqué. Après le pont Kaluebo, le Gouverneur et la délégation présidentielle ont poursuivi la visite sur l’axe routier au-delà de l’ouvrage pour inspecter l’évolution des travaux de construction de la route. Il a enfin appelé la population à soutenir la vision du Chef de l’État : « J’invite la population du Kasaï à soutenir le Chef de l’État. Il a prouvé ce qu’il peut faire en peu de temps. Aujourd’hui, tout le pays est en chantier et nous devons le soutenir. » Samuel Dzama

Un colonel de la PCR arrêté pour avoir fait respecter le Code de la route

C’est une affaire qui indigne la toile congolaise. Le Commissaire Supérieur Israël Sanga, officier de la Police de Circulation Routière (PCR) très connu à Kinshasa, serait détenu depuis plusieurs mois après avoir verbalisé un haut responsable surpris en infraction. Selon plusieurs sources concordantes, le policier aurait interpellé un haut placé qui roulait à contresens et lui aurait appliqué la loi sans distinction. Une plainte aurait ensuite été déposée contre lui par la personnalité verbalisée, entraînant son arrestation. Un officier connu pour sa rigueur Israël Sanga s’était fait un nom sur l’avenue Mondjiba, notamment au niveau d’Utex Africa, où il traquait sans pitié les automobilistes roulant à contresens. Réputé pour sa fermeté et son impartialité, il ne faisait aucune distinction : ministres, officiers supérieurs des FARDC, directeurs généraux… tous étaient logés à la même enseigne. Une attitude qui lui valait le respect et la popularité auprès des Kinois fatigués du privilège de l’impunité routière. D’après le journaliste Pascal Mulegwa qui a révélé l’affaire, la détention serait directement liée à cette intervention dans le cadre de ses fonctions. À ce stade, aucune confirmation officielle n’a été apportée par la Police Nationale Congolaise ni par le Ministère de l’Intérieur. Les circonstances exactes de son arrestation, les faits précis qui lui sont reprochés et la procédure judiciaire engagée restent à clarifier. Sur les réseaux sociaux, les réactions se multiplient. De nombreux internautes dénoncent une injustice et réclament sa libération, y voyant le symbole de la lutte contre le deux poids deux mesures sur les routes de Kinshasa. L’affaire relance le débat sur la protection des agents qui osent faire respecter la loi face aux puissants. Samuel Dzama

KANANGA | HISTOIRE : La salle mythique de la Constitution réhabilitée

Kananga, 24 août 2026 – Haut lieu de l’histoire politique congolaise, la salle où a été élaborée la Constitution de la RDC vient d’être entièrement réhabilitée. Le bâtiment historique, situé au cœur de Kananga (ex-Luluabourg), où fut rédigée la célèbre Constitution de Luluabourg du 1er août 1964, première constitution de la RDC post-indépendance rédigée par des Congolais eux-mêmes, a retrouvé tout son lustre. Le décor est désormais prêt. Peinture refaite, mobilier restauré, sonorisation modernisée… les images qui nous parviennent montrent une salle prête à accueillir de grandes assises. Et cette réhabilitation n’est pas anodine. Elle intervient en plein débat national sur la question constitutionnelle, entre ceux qui prônent le changement ou la révision de la Constitution de 2006 et ceux de l’opposition regroupée au sein de la C64 qui défendent son intangibilité. Alors, simple coïncidence ou clin d’œil de l’histoire ? Beaucoup y voient déjà un symbole fort. Lieu de consensus en 1964, Kananga pourrait-il redevenir le lieu de refondation ? Les prochains jours nous en diront davantage. Samuel Dzama

Joseph Kabila attaque les sanctions américaines devant la justice fédérale de Washington

Washington / Kinshasa, 24 août 2026 – L’ancien président Joseph Kabila contre-attaque. Par le biais de son avocat américain spécialisé dans les sanctions, Me Erich Ferrari, il a déposé la semaine dernière une plainte de 16 pages devant le tribunal fédéral du District de Columbia pour obtenir l’annulation de sa désignation par l’OFAC. Le 30 avril dernier, l’Office de Contrôle des Avoirs Étrangers du Département du Trésor américain avait inscrit Joseph Kabila sur la liste des SDN (Specially Designated Nationals), l’accusant d’avoir « apporté une aide matérielle, financière et logistique » au M23 et à sa coalition politico-militaire, l’AFC, opérant dans l’Est de la RDC. Selon le communiqué de l’OFAC, l’ancien chef de l’État aurait financé l’AFC pour influencer la situation politique à l’Est, encouragé des défections au sein des FARDC et tenté de lancer des attaques depuis l’extérieur du pays. Une décision « arbitraire et illégale » Dans sa plainte, le cabinet Ferrari & Associates dénonce une décision « arbitraire, non conforme à la loi » qui excède les pouvoirs conférés par le décret exécutif 13413. La défense développe quatre arguments majeurs : Aucune preuve concrète : L’OFAC n’aurait fourni aucun élément factuel vérifiable – aucun montant, aucune date, aucune transaction – se contentant de répéter des « affirmations non vérifiées et politiquement motivées » fabriquées par ses adversaires à Kinshasa. Sa présence à Goma et Bukavu ne constitue pas une preuve de soutien matériel. Une confusion entre politique et rébellion : L’OFAC lui reproche d’avoir « œuvré pour mettre en place un candidat opposé au président actuel ». Pour ses avocats, une activité politique légale ne constitue pas un soutien au M23. Un détournement à des fins diplomatiques : L’OFAC se serait fondé sur des facteurs extérieurs à ses critères, notamment la volonté de soutenir les Accords de Washington pour la paix et la prospérité, signés le 4 décembre 2025 entre la RDC et le Rwanda sous médiation américaine. Une contradiction historique : La plainte rappelle que c’est sous la présidence de Joseph Kabila qu’en 2013 les FARDC ont vaincu le M23 et l’ont chassé du territoire, ce qui « contredit la conclusion selon laquelle il soutiendrait ce groupe aujourd’hui. Enfin, la plainte dénonce une « mort civile » entraînant un préjudice irréparable par le gel mondial de ses avoirs et la destruction de sa réputation. Joseph Kabila demande au tribunal d’annuler sa désignation et d’interdire définitivement au gouvernement américain d’appliquer ces sanctions à son encontre. Samuel Dzama

L’opposant Marley Vuvu arrêté à Kinshasa

Kinshasa, 24 août 2026 – L’opposant Marley Vuvu, membre fondateur de la Coalition Article 64 (C64) pour la défense de l’ordre constitutionnel, vient d’être arrêté. Très critique envers le pouvoir en place, le jeune acteur politique s’est notamment illustré ces derniers mois par ses prises de position publiques, ses actions de mobilisation et sa participation à plusieurs initiatives de l’opposition contre le projet de changement de la Constitution. Marley Vuvu fait partie des figures actives de la C64, cette nouvelle coalition de l’opposition lancée le 19 mai à Kinshasa au Collège Boboto pour défendre la Constitution et s’opposer à toute réforme jugée opportuniste. Il avait déjà été cité parmi les leaders blessés lors de la répression du sit-in de la C64 du 12 juin dernier à Kinshasa, aux côtés de Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund. Cette arrestation intervient dans un contexte politique particulièrement tendu autour du projet de référendum constitutionnel et des activités de l’opposition. La C64 invoque l’Article 64 de la Constitution de 2006 qui stipule que « Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution. De son côté, le pouvoir, par la voix du Secrétaire Permanent de l’Union Sacrée, le Professeur André Mbata, rejette cet argumentaire et estime que cette disposition ne saurait être invoquée pour remettre en cause des institutions issues des élections, rappelant que le Président Félix Tshisekedi a été élu avec plus de 70% des voix. La C64 maintient de son côté ses actions de terrain et avait encore reprogrammé sa marche pour exiger des réponses concrètes avant le 15 août. Pour l’heure, les circonstances exactes et le lieu de détention de Marley Vuvu n’ont pas été officiellement communiqués par les autorités. Samuel Dzama